L’évaluation isocinétique du sportif

Les dynamomètres isocinétiques existent depuis de nombreuses années, plusieurs appareils sont commercialisés, les plus connus sous le nom de Biodex et de Contrex.
A partir des données analytiques recueillies, quelles sont les applications pratiques, chez le sportif notamment ?

Le concept isocinétique, applications chez le sportif:

On appelle un exercice en isocinétisme un mouvement effectué à vitesse constante sur l’ensemble de la course. Ceci implique que le dynamomètre applique en tout point du mouvement une résistance auto-adaptée. Cette résistance s’adapte en permanence à la force du patient afin d’atteindre la vitesse angulaire pré-définie.

Le dynamomètre isocinétique permet une évaluation de la force maximale à différentes vitesses (en degrés/seconde), à différents angles, avec un nombre de répétitions en théorie illimité, en concentrique comme en excentrique, le tout en fonction du geste sportif.

Nous pouvons ainsi rechercher un déficit musculaire en le quantifiant ou un défaut de contraction dans une amplitude articulaire donnée.
Enfin, chose importante, il est possible de calculer des ratios qui visent à déterminer l’équilibre entre différentes chaines musculaires.

Chez le sportif sain, nous utilisons cette technologie dans le cadre de la prévention des blessures, pour le suivi longitudinal et pour l’optimisation de la performance. Nos repères sont la comparaison droite / gauche, les évaluations antérieures éventuelles, les ratios agonistes / antagonistes, les données de la littérature concernant la même population.
Chez le sportif blessé, les évaluations isocinétiques permettent de cibler la rééducation et d’affiner la réathlétisation dans le cadre du “return to play”. Nos repères sont les mêmes que ci-dessus, en particulier le côté sain.
Les avantages: le test est bilatéral, reproductible et sécurisé (important pour le travail excentrique en particulier). Il est possible de vérifier en direct le niveau de performance grâce au feedback affiché à l’écran.
Les limites: il s’agit d’une chaine cinétique ouverte, les amplitudes articulaires sont limitées en isocinétisme (temps de latence pour arriver à la vitesse recherchée) et sont parfois loin de la réalité fonctionnelle du geste sportif (complexes, rapides).

Le dynamomètre isocinétique permet des évaluations sur le mode concentrique, puis dans un second temps on peut effectuer une série excentrique (l’apprentissage et l’échauffement de qualité sont indispensables).

L’équilibre agonistes / antagonistes:

Ces rapports sont importants à calculer, notamment le ratio mixte (ou ratio fonctionnel de Croisier).
Ratio mixte = moment maximal antagoniste excentrique / moment max agoniste concentrique.

Les indications les plus courantes au sein du CMTS 2A:

Quadriceps / ischio-jambiers: accidents musculaires itératifs, genou instable (opéré ou non), conflit fémoro-patellaire.
Epaules: instabilité opérée ou pas, pathologie de la coiffe des rotateurs (plus rarement).
Chevilles: instabilité.

La méthodologie:

La reproductibilité des évaluations est indispensable. Il est ainsi nécessaire d’utiliser un protocole rigoureux pour un test maximal standardisé.
On insistera sur de bonnes conditions d’échauffement, un apprentissage avec le dynamomètre après une installation confortable avec respect des axes articulaires et des amplitudes réalistes.
En général, on effectue une série concentrique à vitesse angulaire rapide (6 répétitions) , une  concentrique lente (3 répétitions) et une excentrique lente (3 répétitions).

Les paramètres mesurés:

On s’attardera sur le moment de force maximale, l’analyse des courbes (à vitesse lente), les ratios, la tolérance clinique, la fatigabilité éventuellement…

Au total:

L’isocinétisme est un bon outil de  mesure de la force musculaire pour le suivi médico-physiologique du sportif.
Un démembrement clinique est cependant indispensable, accompagné d’une recherche du facteur déclenchant de la pathologie éventuelle.
Ce n’est pas un outil idéal par contre pour l’analyse de la biomécanique du geste sportif.

La préparation aux sports d’hiver

Les sports d’hiver, de surcroît en Corse, sont de plus en plus pratiqués par tous, petits et grands. Ski alpin, ski de fond, ski de randonnée, snowboard, raquettes sont autant d’activités que nous recherchons dès les premiers flocons tombés.
Que pouvons faire pour profiter pleinement de ces activités tout en évitant que le plaisir de la glisse ne se transforme en galère ?

Les trois facteurs déterminants sont la préparation physique, le matériel utilisé et les objectifs ciblés.

La préparation physique 

Pour le ski et le snowboard, même si un entrainement sur un mode endurant est toujours intéressant en amont, la priorité sera donnée au renforcement musculaire.
Celui-ci concernera surtout les quadriceps,  mais nous nous ne négligerons pas les fessiers, abdominaux, adducteurs, dorsaux et les muscles de l’épaule.
Le mode de contraction à ne surtout pas oublier, l’excentrique. Celui-ci est très important car tout au long des descentes enneigées, les quadriceps sont quasiment tout le temps en mode « freinateur ». C’est ce mode de contraction qui donne d’ailleurs ces fameuses douleurs après 2 jours de ski intense. Ces douleurs, que l’on appelle D.O.M.S. sont associées à une diminution de la force musculaire, celui peut constituer un facteur de risque pour les articulations telles que le genou.

Les randonnées en moyenne montagne hivernales (avec chaussures, raquettes et crampons) nécessitent en plus des qualités athlétiques musculaires pré-citées une préparation physique d’endurance à ne pas négliger, et celle-ci doit être réalisée au minimum 6 semaines avant l’objectif visé.

Alors nous soulignerons l’intérêt  du renforcement musculaire associé à l’entraînement endurant. Celui-ci sera réalisé sur vélo, tapis (ou course outdoor), elliptique, combiné avec la presse, l’isocinétisme et également le ski-trainer.

Vidéo de la préparation qui peut être proposée dans le centre médical:

Pour ceux qui envisagent des longues sorties type ski de randonnée, la marche en montagne a un coût énergétique moyen de l’ordre de 350 à 400 kcal/h. L’estimation de la dépense énergétique d’une journée en montagne pour une course de 8 h en ambiance tempérée peut être estimée à 4400 kcal/jour. A cela, il faudra ajouter les déperditions caloriques liées au froid et les pertes hydriques liées à la sudation, à la respiration (ventilation qui augmente en altitude). Nous comprendrons bien qu’il est nécessaire d’avoir une préparation nutritionnelle type alimentation du marathonien pour préparer les grosses sorties en montagne et d’emporter les rations alimentaires adéquates sans négliger la réserve hydrique indispensable.

Il est par contre évident que cette alimentation type « marathonien » ne concernera pas ceux qui resteront sur les pistes balisées avec un mode de pratique entrecoupé de pauses « vin chaud » et transat 🙂

Le matériel 

Mais pourquoi être au top physiquement si le matériel ne suit pas sur les pentes enneigées ? Même si l’entretien des skis est assez limité, il est nécessaire de le faire régulièrement (fartage, entretien des carres, des fixations et des chaussures). Il en est de même pour les raquettes et crampons.

Tout ceci ne doit pas faire oublier la protection contre le froid (en sachant qu’une journée hivernale est parfois très changeante), les détecteurs de victimes d’avalanche type arva et la signalisation à des proches du parcours de randonnée.

En théorie, la température moyenne s’abaisse de 0.8° par 100 mètres d’altitude. De plus, à 0° sous abri, la température avec un vent à 60 km/h est ressentie à -19°. D’où l’intérêt de s’équiper de manière cohérente en anticipant la journée à venir.

En conclusion

Les règles de base pour un séjour en montagne sont les suivantes:
L’ objectif doit être réaliste en fonction des conditions (météo, risque d’avalanche…) et des possibilités du sportif. Cela nécesste une préparation physique minimale avant le départ, un matériel adéquat et une alimentation calquée sur le modèle du marathonien pour ceux qui envisagent des activités de longue durée hors station type ski de randonnée.

Aponévrose plantaire et « épine calcanéenne »

Les douleurs de l’aponévrose plantaire (APS) sont souvent localisées sur la partie postérieure, prés du calcanéum (l’os du talon), côté interne. Les symptômes sont fréquemment retrouvés le matin a froid (en sortant du lit), toute la journée voire la nuit quand l’évolution est difficile.

L’aponévrose plantaire est un membrane appelée « fascia plantaire superficiel » qui s’insère du calcanéum jusqu’à la base des orteils (articulations métatarso-phalangiennes). Elle est constituée de fibres de collagène et de fibres élastiques. Son rôle est important dans le maintien, à la marche et à la course, de la structure en arche de la plante du pied.
L’APS comprend 3 faisceaux, c’est le médial (interne) qui est le plus souvent concerné par ces douleurs chroniques.

aps

La pathologie principale est l’aponévropathie plantaire chronique, le plus souvent en rapport avec :
des micro-traumatismes répétés (marche prolongée avec chaussures peu amortissantes, piétinement, course à pied…)
une atteinte dégénérative (souvent après 45 ans, avec atrophie du pannicule cellulo-graisseux plantaire)
une pression excessive (surcharge pondérale, pieds creux, inégalité de longueur des membres inférieurs…)
un traumatisme (déchirure initiale possible sur une réception de saut par exemple)
une pathologie inflammatoire…

L’atteinte peut être uni ou bi-latérale.

On peut souvent mettre en évidence sur le bilan radiographique une « épine calcanéenne », appelée en fait « enthésophyte sous-calcanéen », qui correspond à une calcification de l’insertion des muscles qui sont sous l’APS. Ce n’est pas l’épine calcanéenne qui fait mal, elle est présente par sollicitations chroniques de la plante du pied.

Les différents traitements proposés sont :

Les ondes de choc focales : une sonde envoie des ondes de choc répétées et rapprochées afin de stimuler le renouvellement cellulaire. Cette technique, de première intension, donne d’assez bon résultats (70-80% sur notre expérience au sein du centre médical).
En pratique, 4 séances en moyenne à 7 jours d’intervalle. Durée d’une séance 5 minutes environ. L’effet est attendu en 3 à 5 semaines en général.

Les orthèses plantaires (semelles réalisées par un (e) podologue), différentes selon le profil du patient.

Les étirements de la chaine postérieure (système suro-achilléo-plantaire) sont intéressants même si parfois difficiles à réaliser du fait de douleurs importantes.

L’infiltration est réalisée en cas d’échec des techniques proposées ci-dessus, souvent sous guidage échographique (1 à 2).

L’injection de facteur de croissance (PRP) peut être une solution en cas de résistance aux techniques usuelles (injection de concentré plaquettaire après avoir réalisé une prise de sang sur le patient) : objectif, stimuler le renouvellement cellulaire.

La radiothérapie peut également être une alternative en cas d’évolution difficile.

La chirurgie est très exceptionnelle.

ODC focales

La bigorexie, une addiction au sport pas si rare (en vidéo)

La bigorexie, maladie reconnue par l’OMS, est une addiction qui concerne les personnes devenues dépendantes d’une pratique excessive du sport.

Ainsi, la pratique sportive peut devenir néfaste par les excès qui en résultent alors qu’il n’y a pas obligatoirement d’enjeux en terme de reconnaissance ou de résultats de compétition.

Vidéo du débat de France 3 Corse du 3 octobre 2016

Les accidents musculaires du sportif

LES LESIONS MUSCULAIRES INTRINSEQUES
Lésions spontanées, sans contusion

La classification initiale des lésions est un élément déterminant dans la prise en charge thérapeutique. Nous mettrons de côté les anciennes dénominations, uniquement par la presse sportive, type élongation, claquage, déchirure).

Stade 0
Atteinte réversible de fibres musculaires. Douleur modérée. Contracture musculaire et diminution de la force. La récupération est complète en quelques heures.

Stade 1
 Atteinte irréversible de quelques fibres musculaires et l’intégrité du tissu conjonctif de soutien (TC).
Les symptômes sont les mêmes qu’au stade 0 en plus marqués. La récupération est complète en 7à 14 jours.

Stade 2
Atteinte irréversible de quelques fibres musculaires et modérée du TC, le tout sans hématome.
Douleur avec retentissement fonctionnel variable selon la localisation. La récupération nécessite un délai de 14 à 21 jours en moyenne (nécessaire limitation des sollicitations des groupes musculaires concernés).

Stade 3
Atteinte de nombreuses fibres musculaires et du TC qui se trouve désorganisé. Il existe un hématome intra musculaire localisé. Les symptômes sont une douleur aigue, imposant un arrêt sportif, et l’impotence fonctionnelle marquée.
La récupération est de l’ordre de 4 à 6 semaines le plus souvent mais parfois au delà selon l’importance, le type et la localisation de la lésion. Cette évolution sera conditionnée par la qualité de la rééducation fonctionnelle proposée.

Stade 4
Rupture partielle ou totale du muscle, atteinte massive du TC et formation d’un hématome en général volumineux et diffus.
Les symptômes sont marqués (impotence fonctionnelle totale). Il y a rétraction musculaire puis formation d’une cicatrice fibreuse. Il existe en général un déficit de force résiduel, même s’il existe des phénomènes de compensation par d’autres muscles avoisinants.
La reprise des activités sportives est en général assez longue, de l’ordre de 3 à 6 mois.

LES LESIONS MUSCULAIRES EXTRINSEQUES
Lésions traumatiques par contusion (« béquilles »)

On peut retrouver des lésions se rapprochant des lésions intrinsèques mais l’élément déterminant dans la prise en charge est de connaître la présence ou pas d’un hématome au sein du muscle (ou en péri-aponévrotique).

LES LESIONS MUSCULAIRES CHRONIQUES

L’évolution d’un accident initial peut être difficile, avec apparition de complications qui entrainent une symptomatologie chronique type douleur ou gêne fonctionnelle. On peut retrouver ainsi par exemple une cicatrice fibreuse douloureuse gênante, une myosite ossifiante, un hématome résiduel. Autant de situations qui demandent une prise en charge spécifique.

Mais ne perdons pas de vue que notre objectif sera d’agir en amont en limitant le risque d’évolution péjorative. D’ou la nécessité de bien codifier les lésions et de suivre un protocole de rééducation rationnel et personnalisé.

LE MODE D’APPARITION DES LESION MUSCULAIRES INTRINSEQUES = SOUVENT UN GESTE EXCENTRIQUE

Il s’agit d’une contraction musculaire visant à freiner un mouvement (vers la position d’étirement), parfois dans un contexte d’échauffement insuffisant mais souvent sur un muscle en situation de « fragilité » par insuffisance de préparation (manque de force excentrique), par fatigue musculaire.

Les DOMS : douleur musculaire d’apparition retardée (24h après) suite à des efforts répétitifs, souvent inhabituels ou excessifs. Les efforts concernés sont des exercices musculaires excentriques (freinateurs). La durée décrite est souvent de l’ordre de 5 à 6 jours.

Ceci peut être aisément imagé par les courbatures du lendemain d’une randonnée en montagne au niveau des quadriceps, liées aux efforts freinateurs de la descente finale (ou en ski alpin avec les enchainements de bosses qui nécessitent ce même type de contractions).
Ce sont les micro-lésions musculaires consécutives au travail excentrique qui sont responsables de cette réaction inflammatoire des muscles concernés.
On constate alors 2 phénomènes, la douleur musculaire et la diminution de la force développée. La douleur a l’avantage d’être un signe d’alerte mais même lorsqu’elle disparaît, il persiste toujours un déficit de cette force musculaire avec une proprioception altérée (période de fragilité).

Le diagnostic est essentiellement clinique avec une douleur palpatoire diffuse, un étirement difficile et une contraction plus ou moins douloureuse et déficitaire, notamment en course externe, ceci dans les différents modes de contraction. Le diagnostic est déjà réalise a 90% à l’interrogatoire, avec la notion d’effort inhabituel en excentrique (mais pas toujours seulement excentrique).

Les examens complémentaires ne sont en général pas réalises dans les cas typiques sauf si le sportif présente de nombreux antécédents musculaires rendant nécessaire la réalisation d’un diagnostic différentiel. Si ceux-ci étaient réalisés, nous pourrions noter une élévation des enzymes musculaires, un œdème musculaire plus ou moins marqué en échographie et en IRM. (Photo IRM hypersignal du droit fémoral chez un footballeur)

La guérison est spontanée et ne nécessite aucun traitement particulier. Une chose à retenir: le testing musculaire doit être normal (étirement et contractions indolores) avant la reprise et celle-ci devra être dosée (progressivité indispensable).

La prévention: il faut traiter le mal par le mal en habituant le muscle à subir des contraintes excentriques, donc le travail excentrique est nécessaire en amont de la blessure.

Une évaluation isocinétique avec mesure de la force excentrique peut être réalisée en début de saison de sport afin de guider un éventuel renforcement a titre préventif. Cette évaluation permettra de calculer les rapports entre les muscles agonistes et antagonistes.

LA PRISE EN CHARGE MEDICALE DES ACCIDENTS MUSCULAIRES

Sur le terrain : il n’y a pas d’urgence. Face à l’apparition d’une douleur aigüe, une seule chose à faire, arrêter les sollicitations (mise en décharge éventuellement), comprimer (bande de contention pour les 48 premières heures) et glacer régulièrement. Important = ne pas masser.

Les éventuelles imageries ne seront pas réalisées avant 48 à 72 heures.
Une ponction sera parfois proposée, sous guidage échographique en cas d’hématome important (suivi d’une compression immédiate). Une injection de PRP (facteurs de croissance) est réalisée dans des circonstances particulières (récidives, lésions importantes, sportif de haut-niveau).

La rééducation fonctionnelle, élément déterminant.

Première phase: (période aigüe douloureuse)
Physiothérapie (cryothérapie, courants excito-moteurs, capillarisation, T-care thérapie), drainage à distance du foyer initial. Cryo-pressothérapie (type game ready) si disponible.
Repérer les zones non douloureuses et réaliser un travail isométrique indolore sur ces groupes musculaires avec respect de la règle de la « non douleur ».
Etirements manuels passifs, puis actifs progressifs infra-douloureux.


Deuxième phase
: (amélioration des critères cliniques: palpation, étirement, contraction isométrique) Après échauffement, renforcement musculaire excentrique progressif manuel dans les secteurs angulaires de sécurité (sur 30 à 40° initialement sans aller en course externe), sans douleur. Débuter à vitesse lente. Ne pas négliger les muscles antagonistes.

Progressivité dans les exercices (exercices de co-contractions, proprioception…) qui devront être variés.
Puis renforcement excentrique avec l’aide du dynamomètre isocinétique si disponible.
Pour les ischio-jambiers et les adducteurs, le vélo peut être débuté très rapidement, initialement à vide. Objectif, faire travailler tout ce qui peut l’être.

Troisième phase: (finaliser la consolidation, préparer le retour terrain)
Massage, ultra-sons sur les zones cicatricielles éventuelles. Réhabilitation et travail sur le geste technique. Apprentissage du travail de prévention (étirements, Pb de technopathie éventuelle…)

LE RETURN TO PLAY

La réhabilitation du sportif blessé demande une bonne connaissance clinique mais également du sport pratiqué.
Il sera nécessaire de réaliser en salle les exercices qui seront effectués sur le terrain grandeur nature.
Ainsi, nous nous assurerons que tous les feus sont au vert avant d’envisager un retour à l’entrainement sans limite.

Exemple de critères utilisés :

– Respect du délai de repos usuel (sert de repère sans être un feu vert isolément)
– Normalisation des données de l’examen clinique (absence de douleur palpation, contraction et étirement)
– Retour terrain subjectif satisfaisant de la part de l’athlète (bonnes sensations du sportif)
– Evaluation musculaire +- tests proprioceptifs satisfaisants
– Récupération des amplitudes / souplesse optimale
– Amélioration lésionnelle en imagerie (contrôle non systématique)

La marche sportive, on a tout à y gagner

L’activité physique est reconnue par tous pour ses bienfaits en terme de prévention des nombreuses maladies chroniques.


Hippocrate déjà, entre 460 et 377 av JC, proposait de traiter la 3ème phtisie (bronchite chronique) par un régime à base de poireaux, de vin, et de marche selon le protocole suivant:
1er mois 20 stades (1 = 180m) par jour, puis 10 stades de plus chaque mois, jusqu’à 150 stades au final. Il était dit que si le patient suivait le traitement, il guérissait.

Galien, lui, expliquait plus tard que les âmes sont à l’origine du mouvement et affectées par celui-ci. Les exercices doivent être adaptés par celui qui les pratique. C’est le père de l’individualisation de l’entrainement.

Christian Prefaut et Jacques Mercier, ces dernières années, nous ont appris que l’objectif premier de la réhabilitation n’est pas la maladie mais le malade.
Pour en revenir à Hippocrate, tout est vrai. Ce que nous savons en plus, c’est que la réhabilitation ne s’arrête pas à 1 à 3 mois d’exercice mais nécessite un maintien des activités le plus longtemps possible.

Si on y ajoute le plaisir d’évoluer dans un environnement tel que nous le connaissons sur notre île, nous avons tout à gagner à nous intéresser de plus près à cette activité qui est la marche sportive.

L’objectif ?
Mobiliser tout ce qui peut l’être.
Nous pourrions comparer le corps humain à une voiture. Le moteur est composé de 3 éléments déterminants pour avancer:
1. les muscles: ils ont besoin de carburant pour fonctionner, le glucose ou les lipides (et un petit peu les protéines). Comme tout moteur à explosion, l’oxygène est nécessaire pour que tout fonctionne. L’oxygène est apportée par:
2. les poumons: ils permettent l’entrée de l’oxygène (et la sortie du CO2). La ventilation s’adapte au fur et à mesure des sollicitations demandées.
3. le coeur et la vaisseaux: ils permettent le transport de cet oxygène jusqu’au muscle en s’adaptant à la demande.

La marche sportive est un bon moyen de recommencer ou de débuter une activité physique.

L’avantage de ce sport ?
La faible composante traumatique. En effet, le marcheur, contrairement au coureur, à toujours un pied au sol, donc moins d’impacts traumatisants à chaque foulée.
La vitesse de marche, le dénivelé, la durée de l’exercice sont autant de paramètres que nous pouvons réguler afin d’arriver à l’objectif recherché (bien être, dépense énergétique, performance).
On peut y ajouter le travail sur le geste technique avec des sollicitations plus ou moins importantes des bras, ce qui augmente significativement la dépense énergétique. La foulée également peut être optimisée.
Autre avantage de ce type d’activité, le ciblage d’objectifs tels que l’aide dans le contrôle du poids (associé à une prise en charge nutritionnelle).
En effet, il est réalisable de rechercher l’intensité idéale sur une zone permettant d’augmenter l’oxydation des lipides, c’est à dire de »brûler plus facilement les graisses ».
Cet objectif peut être atteint avec l’aide d’un cardio-fréquence-mètre (petit appareil permettant de mesurer en instantané la fréquence cardiaque), après avoir réalisé un test d’effort qui mesure la zone idéale d’entrainement (appelée lipox-max).

Comment se préparer ?
Il n’y a pas de préparation spécifique, la progressivité dans la pratique sert elle même de préparation.
Les seules exceptions, les patients porteurs de maladies chroniques limitant les efforts (obésité, maladies cardio-vasculaires non stabilisées…), patients présentant des handicaps locomoteurs lourds.
Dans ces cas de figure, une prise en charge médicale initiale sera indiquée avec la prescription d’activité physique dosée et personnalisée si l’on ne relève pas de contre-indication. Un bilan médical préalable plus ou moins complet sera peut être proposé.
Une prise en charge parallèle en rééducation fonctionnelle sera parfois nécessaire si les pathologies de l’appareil locomoteur le demandent.

Au total, la marche sportive permet de réaliser une activité physique peu traumatisante sur le plan articulaire tout en permettant une prévention de différentes maladies telles que le diabète, l’obésité, les maladies des coronaires, l’ostéoporose…


Le tout en profitant de ces cartes postales que nous pouvons observer dans les sentiers qui entourent notre cité impériale.

Pour plus d’info, cliquez sur: chemin des crêtes d’Ajaccio

Le renforcement musculaire chez l’enfant et l’adolescent sportif

Un enfant peut-il effectuer la musculation en toute sécurité?
L’évolution du sport moderne, aussi bien en terme de technicité que de préparation athlétique, a entrainé inévitablement une prise en charge spécifique de plus en plus précoce chez les jeunes sportifs en terme de préparation physique.
Ceci est vécu au quotidien au sein des classes sportives, centres de pré-formation régionaux et centres de formation.

Rappelons avant tout que l’élément charnière incontournable chez l’enfant sportif est le pic de croissance. En effet, cette période délicate est corrélée à la présence de cartilages de conjugaison qui, si les sollicitations sont excessives, évoluent vers des pathologies dites de croissance. Celles-ci impliqueront alors un arrêt sportif plus ou moins long.
Cette période critique est variable selon les individus, souvent proche de 12 ans chez la fille et 14 ans chez le garçon.

Les règles générales:

Avant le pic de croissance:
La production naturelle d’hormones anabolisantes étant modeste à cet âge là, il est illusoire de rechercher une musculature semblable à celle de l’adulte.
Le gain de force peut être réalisable, pas l’hypertrophie musculaire.
La musculation devra être réalisée sous forme d’exercices ludiques (ateliers avec obstacles par exemple), en privilégiant la vitesse d’exécution et non la charge, le poids du corps de l’enfant pouvant être alors utilisé pour doser les exercices (réalisés en décharge). Ces séances de renforcement seront couplées à des exercices de proprioception et de coordination.

Pendant le pic de croissance:
Cette période charnière nécessitera une vigilance accrue et une surveillance de la part des personnels encadrants, selon les mêmes règles pré-citées. La progressivité est de mise et celle-ci ne sera possible que si la tolérance est bonne et si la technique a bien été acquise par l’adolescent.
Une version allégée sera proposée aux adolescents en surcharge pondérale.

Après le pic de croissance:
Le ralentissement de la croissance et le statut hormonal permettront le développement de la force et l’hypertrophie musuclaire. Les charges pourront progressivement être augmentées, à raison de 2 fois par semaine en moyenne maximum en se contentant d’une à deux séries par groupe musculaire et un maximum de 8 exercices par séance de musculation.
Autours de 17 – 18 ans, si la technique a bien été intégrée par le sportif, les séances peuvent être comparables à celles de l’adulte.

Quels sont les risques?
Les pathologies des cartilages de croissance par sollicitations excessives (en terme de volume ou d’intensité) ou mauvaise technique, les douleurs musculaires post-effort (D.O.M.S.) par mauvais dosage et pas assez de récupération entre les séances.

Quels sont les avantages?
L’amélioration de la performance, la prévention des blessures par ré-équilibrage musculaire et par augmentation globale de la résistance aux contraintes liées au sport.

Quelles conditions idéales de pratique?
L’apprentissage avec l’aide d’une éducateur formé et raisonnable.

En conclusion, la musculation est un bon complément dans le cadre d’une préparation physique. Pour ne pas nuire à la santé, elle doit être maitrisée techniquement et surtout très progressive.

Article site internet A.C.Ajaccio

L’ACA au bons soins du Dr Gilles TESTOU

Spécialisé en médecine du sport, le Dr Gilles Testou officie à l’AC Ajaccio depuis 1996. Son activité se partage entre le groupe professionnel de l’ACA, le centre de formation, avec une implication plus grande au sein de la formation à compter du 1er mars 2012, dans un souci d’être prêts pour l’agrément  tant attendu du centre par la FFF, et son activité libérale au sein du centre de médecine du sport.

Lorsqu’il se trouve sur le banc de touche pendant les matchs, Gilles Testou a les mêmes sentiments qu’un supporter, avec son lot de joies et de peines.  Mais Gilles Testou, appelé amicalement  « le Doc » par chacun à François Coty,  est avant tout un médecin.  Il vit sur le banc avec une inquiétude permanente pour les joueurs, surtout dans les périodes de reprise après une blessure : « on a toujours la hantise d’une rechute » explique-t-il.
« Ce que j’apprécie le plus dans ma vie professionnelle, c’est le travail en équipe, pouvoir exercer la médecine sans être confronté à des scénarios parfois tragiques, comme ce fut le cas à mes débuts, lorsque j’étais médecin urgentiste. Voir un joueur revenir en haut niveau après avoir subi l’épreuve qu’est la blessure est pour moi une grande satisfaction.  J’aime aussi le côté technique des examens médicaux (type épreuves d’effort) que j’ai la chance de réaliser moi-même, ce qui n’est pas toujours le cas dans les autres clubs ».

Aux petits soins avec les joueurs
Sa mission revêt divers aspects : d’abord, la visite d’aptitude des nouvelles recrues avant la signature de leur contrat. Le docteur effectue un examen clinique traditionnel associé à un test d’effort musculaire et cardio-respiratoire avec détermination de l’aptitude aérobie. Pour résumer, il s’agit de vérifier l’état de santé du joueur arrivant.
Gilles Testou organise la prévention des blessures en coordination avec les kinésithérapeutes Florian Renucci et Brais Garcia, l’ostéopathe Xavier Lucciardi, et le staff technique Olivier Pantaloni et Stéphane Paganelli. Il s’agit de cibler les facteurs favorisants afin de les corriger.  Des ateliers de prévention sont organisés, dans la mesure du possible, deux fois par semaine : ils consistent en des exercices de renforcement spécifique, d’étirements…
Au quotidien, le médecin du club assure le suivi traumatologique des joueurs, c’est-à-dire la gestion des blessures. Le passage de la réhabilitation de l’athlète blessé est délicat : le lien entre l’infirmerie et le terrain appelle à une personnalisation de la reprise.
Le docteur gère aussi le « suivi longitudinal » en d’autres termes l’obligation des clubs professionnels français à établir une biologie régulière et des bilans cardiaques annuels et à les communiquer de manière aux instances centralisatrices qui établissent des statistiques. Le but est de prévenir la mort subite du sportif et le dopage.
« Au 1er février, nous comptions 25 blessures ayant entrainé l’absence à un match officiel ou un arrêt sportif d’au moins 5 jours, hors récidives, sur un effectif de 29 joueurs » explique le docteur  « Les blessures sont survenues dans 68% des cas à l’entrainement. Nous avons relevé une large prédominance d’accidents musculo-tendineux (de l’ordre de 60%), ce qui nous a incité à plus de vigilance en ce qui concerne le travail de prévention, notamment en terme de pathologies des adducteurs et de la région pubienne. »

Une enfance phocéene et bocognanaise
Lorsqu’il a intégré l’ACA en juillet 1996, le docteur Testou était en train de passer sa spécialité en médecine du sport : « J’ai eu l’opportunité d’intégrer l’AC Ajaccio alors qu’il était à l’époque en Nationale 2 (CFA actuelle). C’était donc un club qui montait, qui gagnait et qui regardait déjà vers le haut. Pour moi, c’était le scénario idéal pour parfaire mes connaissances en médecine du sport, monter en puissance petit à petit et évoluer en même temps que le club » se souvient-il.
Né à Marseille, Gilles Testou a vécu toute sa scolarité dans la cité phocéenne, notamment au lycée Saint-Charles.  « La Corse a toujours été mon point d’ancrage à chaque vacances scolaires, comme tous les Corses de la diaspora, notamment à Bocognano, le village natal de ma mère ou je garde les meilleurs souvenirs de jeunesse ».
A la fin de ses études secondaires, il suit le même chemin que son grand-frère et rejoint les bancs de la faculté de médecine de la Timone : « L’aspect qui m’a séduit initialement, c’est le fait de pouvoir modifier l’évolution naturelle d’une maladie, évênement  qui était il y a un siècle considéré comme une fatalité».  Après avoir été urgentiste, il décide d’exercer en médecine générale pour ensuite prendre le chemin de la médecine du sport.

Le sport, une philosophie de vie
« J’ai une vision du sport qui se décline en plusieurs : d’abord, le sport santé, qui permet d’obtenir un état proche de la définition de l’Organisation mondiale de la santé à savoir un état de bien être physique et mental. Puis le sport plaisir, avec ou sans compétition. Et enfin, le sport professionnel que l’on peut assimiler à un sport-spectacle »  indique le Dr Testou. Celui -ci collabore également avec l’équipe du volley pro A du GFCOA et les pôles espoirs football et judo.  Le sport, il connaît bien : il a pratiqué le rugby pendant dix ans. Bénéficiant maintenant de moins de temps libre, il entretient sa forme avec du jogging et du tennis à ses heures de loisir. Passionné par la richesse et la variété culture américaine et des Etats-Unis, il y voyage dès que son travail lui accorde un peu de répit : New-York, Chicago, San Francisco. Marié et père de deux enfants, Jérôme, 18 ans et Camille, 14 ans, Gilles Testou est un homme à la vie bien remplie.

Médecin et supporter
Son métier de médecin ne s’arrête parfois pas qu’aux joueurs. Il n’est pas rare qu’un membre du personnel administratif fasse appel à lui en cas de gros rhume ou de grippe comme c’est le cas en cette période hivernale.  Au quotidien, il pense et vit en rouge et blanc. Le docteur Testou  a vécu la montée en Ligue 1 comme chacun, avec toute la riche palette d’émotions inoubliables. « Devant la défaite comme la victoire, il m’arrive d’avoir des réactions semblables à celles de tout supporter » confie-t-il. « Un souvenir des multiples ancdotes: je me rappellerai toujours d’une causerie de Rolland Courbis à l’époque où il était entraîneur de l’ACA. C’était à l’occasion d’un  match à Nîmes où l’on jouait le titre de champion de France de Ligue 2, au moment de la première montée parmi l’élite.  Rolland avait parié avec les joueurs qu’ils perdraient le match. Il a donc pris le contrepied et c’est exactement le contraire qui s’est passé : ils ont gagné ce match, certainement grâce à cette source de motivation ».

Chaque saison, le temps passé avec les joueurs et les staff technique apporte son lot d’amitié et de confiance. Tous ont le même but en commun : donner le meilleur de soi pour que le club aille le plus loin possible dans les performances sportives.

Bio express du Gilles Testou

  • 20 janvier 1967: naissance à Marseille.
  • 1994 : Diplômé de la Faculté de Médecine de Marseille.
  •  1996: Capacité d’aide médicale urgente (Nice).
  • 1996 : Capacité de Médecine et Biologie du Sport (Marseille – Montpellier).
    Juillet : Entrée à l’ACA (équipe en nationale 2, équivalent de la CFA actuelle).
    Octobre : installation en libéral à Porticcio.
  • 2006 : Diplôme universitaire de nutrition du sportif (Paris).
  • 2008: exerce dans centre de médecine du sport à Ajaccio en plus de l’activité au club (groupe Pro et centre de formation).
  • 2011 : Diplôme inter-universitaire de physiopathologie de l’exercice et de tests d’effort (Paris – Montpellier Strasbourg).
  • 2012 : Diplôme inter-universitaire d’échographie de l’appareil locomoteur (Paris – Montpellier).

Environnement et performance

L’environnement peut-il influencer sur les performances sportives ?

Les infrastructures: jusqu’à la première guerre mondiale, la Corse n’était pas dotée de terrain de sport, alors que sur sur le continent, les terrains pelousés et salles de sport commençaient leur développement.

En effet, Ajacciens et Bastiais étaient logés à la même enseigne. Les premiers s’entrainaient au Diamant ou au Casone, sur un sol rocailleux et irrégulier alors que les seconds évoluaient place Saint Nicolas qui demeurait le meilleur terrain de football de Bastia.
Que dire du tour de Corse cycliste (vélocipède) il y a une siècle, suivant les routes du littoral avec plus de 600 kilomètre et un dénivelé que l’on connait, les vélos au poids de l’époque, sur une durée de quinze jours.
Aujourd’hui, le manque cruel d’infrastructures se fait toujours cruellement sentir avec une tentative de rattrapage du retard mais bien sur avec un train de retard. Ainsi, l’on ressent cette éternelle impression de décalage de 20 ans par rapport à nos homologues continentaux.
Alors sur le plan médical, faut-il se demander si sur nos terrains des sport inadaptés, nous ne comptons pas plus de pathologies de croissance et de lésions du complexe pied – cheville chez nos jeunes footballeurs, plus de pathologies rotuliennes chez nos volleyeurs professionnels?

Le matériel: lorsque l’on voit les chaussures utilisées en athlétisme ou au football au début du siècle dernier, on comprend aisément que les performances athlétiques aient évolué, sans parler des connaissances et outils modernes d’entrainement.
Au quotidien, nous sommes amenés à étudier les foulées des sportifs, l’analyse de l’équilibre statique et biomécanique et à corriger le cas échéant les anomalies rencontrées. Alors on peut imaginer que nos sportifs vieillissent mieux, notamment sur le plan articulaire. Curieusement, ils donnent l’impression de se blesser plus, du moins, ils consultent plus qu’autrefois, mais au vu de l’augmentation des exigences (techniques, physiques avec augmentation des volumes et intensité des entrainements), cette augmentation doit être relativisée.
Alors oui, les bonnes conditions matérielles de pratique du sport permettent bien sur réellement de prévenir les blessures spécifiques, appelées « technopathies ».

L’environnement néfaste: la famille et les amis, agents d’un jour. Eviter le syndrôme de réussite par procuration lorsque un père voit en son fils un nouveau Zinédine Zidane, éviter comme la peste les amis, proches ou entraineurs qui feront croire que l’enfant ou adolescent a toute les qualités pour réussir alors qu’il n’y a en réalité aucun espoir.
Dans les deux cas de figure, l’enfant vit dans un mode irréaliste et perd les repères d’une croissance et d’une scolarité normale.

L’environnement technique: les rugbymans internationaux de l’époque de Pierre Albaladéjo s’entrainaient 2 fois par semaine. Aujourd’hui, les séances sont quotidiennes ou bi-quotidiennes avec une ultra-spécialisation du contenu des séances, aussi bien sur le plan physique que technique et tactique. Les entraineurs et préparateurs physiques poussent leurs « formules 1 » au maximum de leurs possibilités.

L’environnement médical: lorsque l’on voit l’évolution de la médecine et de la physiologie du sport depuis un demi-siècle, on met en évidence les formidables outils mis à disposition du sportif en terme de prévention des blessures, de prise en charge de celles-ci et d’optimisation de la performance.

En conclusion: un enfant a des prédispositions qui seront optimisées au mieux en fonction des événements de la vie, des rencontres et des éléments environnementaux décrits ci-dessus.
L’élément indispensable à l’épanouissement de nos jeunes sportifs est de les laisser vivre leur passion sans leur imposer notre choix tout en leur inculquant des valeurs qui se perdent au vu de ce que nous entendons du haut des gradins le week-end.

Lutter contre la Mort subite du sportif

La mort subite du sportif (MSS), événement dramatique qui survient au décours de la pratique sportive nécessite une réaction immédiate, à savoir des manœuvres de réanimation avec un seul objectif, sauver une vie coûte de coûte.

Mais c’est en amont que vous avons aussi le devoir d’agir, c’est à dire en prévenant le risque de mort subite, qui, rappelons-le est majoritairement d’origine cardio-vasculaire (90% des cas).

La MSS est estimée à 2000 cas par an en France, nombre probablement sous-estimé. Elle touche principalement les hommes. Il s’agit souvent de troubles du rythme cardiaque chez les moins de 40 ans et de pathologies des coronaires au delà. La Corse n’est malheureusement pas épargnée chaque année.

La prévention de la mort subite du sportif, c’est le dépistage des sujets à risque par des examens médicaux appropriés et un suivi médical adapté au profil du sportif.

« Docteur, pouvez-vous tamponner le certificat médical ? C’est pour la licence de début de saison de mon fils ! Vous pouvez signer sans crainte, il est sportif ! » Cette phrase est répétée dans les cabinets médicaux, cliniques et hôpitaux tant de fois en début de saison. Et souvent, pour « rendre service » (service empoisonné), des praticiens ou secrétaires « tamponneurs » répondent favorablement à cette demande.

Car les sportifs qui malheureusement disparaissent sur les terrains de sport sont parfois des pratiquants réguliers, ce qui surprend souvent.

En Italie, les certificats médicaux de début de saison sont délivrés après examen médical avec électrocardiogramme de repos dès l’âge de 12 ans (recommandations qui existent à présent au niveau Européen une fois tous les 2 ans au minimum). Les praticiens italiens ont pu ainsi constater une réelle augmentation du dépistage de certaines pathologies cardiologiques type malformations.

Alors, certes, les examens médicaux de base ne permettent pas de tout détecter (l’échographie cardiaque et les tests d’efforts sont des éléments importants dans le diagnostic; ces examens doivent être ciblés) mais si des médecins arrivent à détecter quelques cas à risque, ceux-ci représenteront probablement autant de vies sauvées. Car on parle souvent du suivi médical des sportifs de haut-niveau, des professionnels. Et les autres alors, pourquoi n’auraient t-ils pas autant de chance que ces sportifs de l’élite ?

Sans titre

L’expression bien connue « le sport c’est la santé » ne doit pas être remise en cause, elle est toujours d’actualité, d’autant plus que l’activité physique est pratiquée de manière régulière, modérée et avec un suivi médical annuel quel que soit l’âge et le niveau de pratique. Un examen clinique et un électrocardiogramme coûtent au maximum 40€, des chaussures de sport entre 40 et 300€, lorsqu’on rechigne à la dépense, cherchez l’erreur !

La prévention, c’est également le suivi de quelques règles de bon sens: bien s’hydrater, consulter en cas de douleur ou d’essoufflement, réaliser un bilan médical régulier, ne pas pratiquer d’activités physiques intenses en cas de fièvre…

Le traitement de ma mort subite du sportif, c’est une réanimation adaptée et surtout rapide. 3 points à retenir: « alerter les secours, masser, défibriller ».

Ceci implique la présence de défibrillateurs semi-automatiques (DSA) dans les enceintes sportives et la formation du plus de personnes possibles (gardiens de stades, kinés, entraineurs, éducateurs, arbitres, sportifs…).

L’association « 14 » qui fait son tour de France pour promouvoir la prévention de la mort subite du sportif s’est arrêtée en septembre en Corse (à Ajaccio puis à Bastia) et peu de personnes se sont déplacées pour assister à ces conférences. Dommage que l’on se soit encore une fois que dans la réaction et que l’on ne s’intéresse pas à ce fléau lorsque l’on n’est pas touché personnellement.

Comme le disait une collègue cardiologue récemment, on trouve dans tout établissement qui reçoit du public un extincteur tous les 10 mètres; si l’on compte le nombre de mort subite chaque année en France (sportifs et non-sportifs) on parlera en dizaine de milliers. Combien de DSA disponibles pour ramener ces gens à la vie ? On craint le feu mais pas l’arrêt cardiaque ! Ces dossiers avancent peu et pourtant il y a bien le « feu ».

Pour télécharger les règles de bonne pratique des activités physiques, cliquez ici.