L’évaluation isocinétique du sportif

Les dynamomètres isocinétiques existent depuis de nombreuses années, plusieurs appareils sont commercialisés, les plus connus sous le nom de Biodex et de Contrex.
A partir des données analytiques recueillies, quelles sont les applications pratiques, chez le sportif notamment ?

Le concept isocinétique, applications chez le sportif:

On appelle un exercice en isocinétisme un mouvement effectué à vitesse constante sur l’ensemble de la course. Ceci implique que le dynamomètre applique en tout point du mouvement une résistance auto-adaptée. Cette résistance s’adapte en permanence à la force du patient afin d’atteindre la vitesse angulaire pré-définie.

Le dynamomètre isocinétique permet une évaluation de la force maximale à différentes vitesses (en degrés/seconde), à différents angles, avec un nombre de répétitions en théorie illimité, en concentrique comme en excentrique, le tout en fonction du geste sportif.

Nous pouvons ainsi rechercher un déficit musculaire en le quantifiant ou un défaut de contraction dans une amplitude articulaire donnée.
Enfin, chose importante, il est possible de calculer des ratios qui visent à déterminer l’équilibre entre différentes chaines musculaires.

Chez le sportif sain, nous utilisons cette technologie dans le cadre de la prévention des blessures, pour le suivi longitudinal et pour l’optimisation de la performance. Nos repères sont la comparaison droite / gauche, les évaluations antérieures éventuelles, les ratios agonistes / antagonistes, les données de la littérature concernant la même population.
Chez le sportif blessé, les évaluations isocinétiques permettent de cibler la rééducation et d’affiner la réathlétisation dans le cadre du “return to play”. Nos repères sont les mêmes que ci-dessus, en particulier le côté sain.
Les avantages: le test est bilatéral, reproductible et sécurisé (important pour le travail excentrique en particulier). Il est possible de vérifier en direct le niveau de performance grâce au feedback affiché à l’écran.
Les limites: il s’agit d’une chaine cinétique ouverte, les amplitudes articulaires sont limitées en isocinétisme (temps de latence pour arriver à la vitesse recherchée) et sont parfois loin de la réalité fonctionnelle du geste sportif (complexes, rapides).

Le dynamomètre isocinétique permet des évaluations sur le mode concentrique, puis dans un second temps on peut effectuer une série excentrique (l’apprentissage et l’échauffement de qualité sont indispensables).

L’équilibre agonistes / antagonistes:

Ces rapports sont importants à calculer, notamment le ratio mixte (ou ratio fonctionnel de Croisier).
Ratio mixte = moment maximal antagoniste excentrique / moment max agoniste concentrique.

Les indications les plus courantes au sein du CMTS 2A:

Quadriceps / ischio-jambiers: accidents musculaires itératifs, genou instable (opéré ou non), conflit fémoro-patellaire.
Epaules: instabilité opérée ou pas, pathologie de la coiffe des rotateurs (plus rarement).
Chevilles: instabilité.

La méthodologie:

La reproductibilité des évaluations est indispensable. Il est ainsi nécessaire d’utiliser un protocole rigoureux pour un test maximal standardisé.
On insistera sur de bonnes conditions d’échauffement, un apprentissage avec le dynamomètre après une installation confortable avec respect des axes articulaires et des amplitudes réalistes.
En général, on effectue une série concentrique à vitesse angulaire rapide (6 répétitions) , une  concentrique lente (3 répétitions) et une excentrique lente (3 répétitions).

Les paramètres mesurés:

On s’attardera sur le moment de force maximale, l’analyse des courbes (à vitesse lente), les ratios, la tolérance clinique, la fatigabilité éventuellement…

Au total:

L’isocinétisme est un bon outil de  mesure de la force musculaire pour le suivi médico-physiologique du sportif.
Un démembrement clinique est cependant indispensable, accompagné d’une recherche du facteur déclenchant de la pathologie éventuelle.
Ce n’est pas un outil idéal par contre pour l’analyse de la biomécanique du geste sportif.

L’auto-rééducation de la tendinite d’Achille

Il existe plusieurs types de tendinopathies achilléennes  mais dans certains cas, il vous sera demandé de réaliser un travail personnel en plus des séances de rééducation fonctionnelle avec votre kiné.
Ce travail, qui sera aussi valable en prévention des tendinopathies achilléennes, devra être réalisé selon les bases suivantes:

1. Étirements progressifs du triceps sural: durée de 30 secondes, à 5 reprises. Ces étirements pourront être réalisés sur le terrain ou bien chez vous  avec l’aide d’un élastique (voir vidéo ci-dessous) en prenant soin de bien étirer tout le complexe suro-achilléo-plantaire.

2. Travail excentrique selon le protocole de stanish en utilisant une marche d’escalier par exemple (voir la vidéo ci-dessous)

Ce protocole est réalisable lorsque les étirements sont indolores.

Le principe: un renforcement musculaire sur un mode freinateur qui va permettre au tendon de subir les contraintes liées à la pratique du sport ou de la vie quotidienne. Il s’agit donc d’exercer un effort freinateur tout en allant vers la position d’étirement du complexe musculo-tendineux.
Progression en vitesse et en résistance externe:

1 cycle = 6 séances (3 séries de 10 répétitions par séance)

Premier cycle: en se servant des 2 pieds pour monter sur la pointe des pieds et en descendant (et donc en freinant) en s’aidant de l’autre pied.
J1 et J2: vitesse lente
J3 et J4: vitesse moyenne
J5 et J6: vitesse rapide

Deuxième cycle: en se servant des 2 pieds pour monter sur la pointe des pieds et en descendant (et donc en freinant) en se servant de moins en moins de l’autre pied.
J1 et J2: vitesse lente
J3 et J4: vitesse moyenne
J5 et J6: vitesse rapide

Troisième cycle: en se servant des 2 pieds pour monter sur la pointe des pieds et en descendant (et donc en freinant) uniquement du côté que l’on travaille.
J1 et J2: vitesse lente
J3 et J4: vitesse moyenne
J5 et J6: vitesse rapide

Quatrième cycle: en se servant des 2 pieds pour monter sur la pointe des pieds et en descendant (et donc en freinant) uniquement du côté que l’on travaille en ajoutant une charge (petits haltères ou sac à dos…)
J1 et J2: vitesse lente
J3 et J4: vitesse moyenne
J5 et J6: vitesse rapide

C’est la douleur qui doit contrôler la progression du protocole. On augmente à chaque séance la vitesse si la douleur est uniquement modérée et seulement sur la dernière répétition.
Gardons à l’esprit que cette douleur doit être présente a minima pour que l’on ait un minimum d’efficacité.

3. Étirements à nouveau

4. Glaçage

Le risque classique de cette technique: les D.O.M.S. (Delayed Onset Muscle Soreness)= douleurs musculaires post-effort excentrique, qui peuvent durer plusieurs jours et doivent guider les séances suivantes (délai de récupération indispensable entre chaque séance). La douleur s’accompagne d’une nette diminution de la force musculaire développée.

Ce type de lésion doit nous rendre prudent dans le travail excentrique qui est, certes bénéfique, mais peut rapidement être traumatisant s’il est mal dosé ou inapproprié.

La prise en charge des facteurs favorisants devra être intégrée; elle comprend:

– les règles hygiéno-diététiques (hydratation suffisante, alimentation équilibrée et diversifiée)
la modification des appuis éventuellement après analyse podoscopique statique et dynamique: orthèses plantaires ou hémi-orthèses postérieures, modification du chaussage…
l’adaptation de l’activité physique (à discuter avec le médecin et le kiné).

Le VO2 max, intérêt chez le sportif

L’épreuve d’effort avec mesure des échanges de gaz est un examen qui permet d’évaluer l’aptitude aérobie d’un sportif. Cette exploration est aussi largement utilisée pour déterminer l’origine d’une dyspnée d’effort (essoufflement anormal), l’objectif étant la recherche du facteur limitant (cardiologique, respiratoire ou musculaire).

Ce test est différent d’une épreuve d’effort cardiologique classique qui est avant tout orientée vers l’adaptation cardiovasculaire à l’effort, et ne prennent pas en compte la composante respiratoire, à savoir le VO2.
Les volumes d’O2 et de CO2, inspirés et expirés, sont recueillis à l’aide d’un masque, et vont permettre d’analyser l’adaptation respiratoire du sportif par rapport à l’intensité de l’effort demandé.

Voici quelques éléments qui permettront de connaitre l’intérêt de ce test chez le sportif.

Les principes de base:

Pour clarifier dès le départ la situation, comparons le corps en mouvement à un moteur de voiture:

– le muscle serait le corps du moteur (avec les mitochondries qui sont des petites usines qui fabriquent de l’énergie)
– le carburant serait le glycogène et les lipides (apportés par l’alimentation)
– comme tout moteur, il fonctionne avec de l’oxygène (qui entre par les poumons et qui est transporté grace à la pompe cardiaque) comme schématisé ci-dessous:


A partir de là, on comprend aisément que pour parvenir à réaliser un exercice d’intensité croissante (pour produire donc de l’énergie), il faut:

  1. en augmentant les entrées d’oxygène (nous respirons plus vite et plus amplement), c’est la capacité de diffusion (qui peut être limitée par une pathologie respiratoire, par l’altitude ou chez l’adulte extrême,
  2. en augmentant le transport de l’oxygène (accélération de la fréquence cardiaque , du volume d’éjection du coeur…), c’est la capacité de transport (qui peut être limitée par une anémie, une pathologie cardiaque mais inversement augmenté par l’auto-transfusion et la prise d’EPO),
  3. en améliorant le métabolisme musculaire (par augmentation de l’action des enzymes oxydations, de la densité capillaire et de l’apport de substrats).

Durant un travail physique intense et prolongé, l’aptitude d’un individu dépend surtout de sa faculté à prélever (au niveau des poumons), transporter (par le sang), délivrer de l’oxygène aux muscles en activité, qui eux-mêmes pourront l’utiliser au maximum.

Le volume d’oxygène consommé est le VO2 à un moment donné. Au maximum de l’exercice aérobie (énergie produite par combustion avec consommation d’oxygène), c’est le VO2max. Le VO2max correspond à un niveau d’effort au delà duquel on ne peut pas apporter plus d’oxygène à notre moteur. Ainsi, le VO2max permet de déterminer l’aptitude physique d’un individu à effectuer un travail intense et prolongé.

Au cours du test d’effort, les volumes d’O2 et de CO2, inspirés et expirés, sont recueillis à l’aide d’un masque, et vont permettre d’analyser l’adaptation respiratoire du sportif par rapport à l’intensité de l’effort demandé.

Amélioration du VO2max

Chez l’adulte, l’amélioration du V02max  par l’entrainement est modérée (15 à 20%). Il est par contre possible d’améliorer la capacité à utiliser un important pourcentage du VO2max  pour effectuer un exercice (aller plus vite pour  un même VO2max) . C’est cette faculté d’utiliser le maximum de sa consommation d’oxygène pendant le temps le plus long qui conditionne les possibilités de performance pour les efforts d’endurance. Plus l’endurance maximale aérobie se rapproche du V02max, plus le sportif est capable d’améliorer ses performances.

Il n’ a pas obligatoirement de corrélation entre le VO2max et la performance chez le sportif (contrairement au sujet sédentaire).
Ce qui est important chez le sportif c’est de mesurer l’économie de course,  le pourcentage de VO2max au seuil et de caractériser la balance glucide-lipidique à l’effort.

La consommation d’oxygène augmente avec l’intensité de l’effort, pour finir par se stabiliser « en plateau » à partir d’une certaine intensité (plafonnement des possibilités d’adaptation du sportif à l’effort demandé). Le VO2max est alors atteint.
La valeur maximale du VO2 recueilli lors d’une épreuve d’effort est un témoin de la capacité maximale du métabolisme aérobie d’un sportif (ou patient) à l’effort.

Les paramètres mesurés exploitables par le sportif

FC max : souvent inférieure à celle du terrain qui est lié à une composante anaérobie, avec le stress et les conditions de pratique…
Cette fréquence cardiaque est souvent plus élevée sur vélo que sur tapis (tout comme le VO2 max).

PMA : puissance maximale développée, correspondant à la consommation maximale d’oxygène. La PMA n’est donc pas forcément la puissance maximale atteinte.

VMA :utilisée pour les tests sur tapis, la VMA correspond à la vitesse développée lorsque le VO2max est atteint. Cette VMA n’exclut pas la possibilité pour le sportif de courir encore quelques secondes de plus au palier supérieur. On notera le cas échéant la vitesse maximale atteinte en plus de la VMA.

Les seuils : tôt ou tard, selon son niveau d’entraînement, l’organisme fait appel à une plus grande proportion du métabolisme anaérobie, d’ou une production plus ou moins importante d’acide lactique. Dans une première phase, l’acide lactique peut être métabolisé par l’organisme (donc re-cyclé), mais au fur et à mesure que la charge augmente, cette réutilisation du lactate est limitée et il n’est plus possible compenser la production des ions H+, d’où, progressivement apparition d’une acidose métabolique.

SV1: « seuil d’adaptation ventilatoire »: bon indice de la capacité endurante (aérobie) ou autrement dit de l’endurance maximale aérobie. En travaillant au-dessus de SV1, on travaille efficacement son endurance. Sert aussi de référence pour ré-entraîner certains malades (insuffisants cardiaques, diabétiques, asthmatiques, …).  Chez un sportif « endurant », SV1 se situe au dessus de 65 % du VO2max. Un SV1 inférieur à 40% du VO2max théorique signe un limitation périphérique (musculaire).

SV2: « seuil d’inadaptation ventilatoire » (degré de charge à partir duquel une augmentation encore plus grande de l’effort se traduit par une augmentation très rapide de l’acidose).
Le SV2, associé au VO2max, permet de personnaliser le suivi de l’entraînement.  Ainsi, en travaillant au-dessus de SV2, on va pouvoir programmer des séances de fractionnés ciblées sur la filière dite « anaérobie ». Chez un sportif entraîné, SV2 se situe au-dessus de 80 % du VO2max.

La zone située entre les deux seuils ainsi déterminés s’appelle zone de transition aérobie-anaérobie.

En pratique, la valeur de seuil anaérobie (S2) qui est intéressante pour le sportif car elle permet de déterminer à quel pourcentage du V02max on passe de l’état métabolique favorable à l’autre. Plus ce pourcentage sera élevé, meilleure sera la capacité d’endurance du coureur.

Applications à l’entraînement

L’ensemble des applications à l’entraînement va résulter de l’identification de SV1 et SV2.

La capacité aérobie peut se définir comme la capacité à utiliser le potentiel aérobie. Car il ne suffit pas d’avoir un excellent VO2max pour avoir un haut niveau de performances aérobies.

L’entraînement devra comporter des séances orientées vers le développement de cette aptitude, par une alternance de travail aérobie et d’exercices de puissance (fractionné long).

Même si le VO2max reste peu ou pas modifiée au cours de la saison, ce qui compte c’est être capable pour un même VO2 de développer des puissances ou une vitesse supérieures.

L’entraînement cherchera à décaler le plateau d’endurance précédemment décrit (donc le SV2) vers la droite, c’est-à-dire vers des puissances supérieures. Pour la même adaptation énergétique, l’effort produit sera alors supérieur. D’autres indicateurs pourront également témoigner d’une amélioration, telle que des FC inférieures pour un niveau de puissance identique. La fraction d’utilisation de l’O2 pourra également être modifiée.

La répétition de ces tests au cours d’une saison sportive montre en général ce type de progression. Un VO2max identique n’exclut pas une amélioration du niveau de performance.

Les pubalgies du sportif

Il s’agit d’un syndrome douloureux d’effort et post-effort concernant la région du pubis, souvent lié à un déséquilibre des différentes forces de traction musculaires, avec ou sans faiblesse anatomique.
Le geste sportif tel que l’appui unipodal répété avec effet de cisaillement, combiné avec des accélérations brutales est le facteur déclenchant.

Le diagnostic du syndrome de carrefour pubien est en général clinique (en interrogeant et examinant le sportif). Les examens complémentaires tels que la radiographie, l’échographie ou l’IRM sont utilisés pour orienter un choix thérapeutique (apprécier l’importance de la souffrance de la symphyse pubienne, bilan tendineux…).

Cette symptomatologie douloureuse du carrefour pubien englobe plusieurs entités qui peuvent s’intriquer. Nous ne traiterons pas les pathologies de la hanche telles que les conflits.

Il existe en effet 4 types de pubalgies (groin pain pour les anglo-saxons):

  • la forme pariéto-abdominale, syndrome douloureux lié à une inefficacité de la paroi abdominale par orifice inguinal externe qui est trop ouvert, avec un tendon conjoint (du muscle oblique interne et transverse de l’abdomen) qui est mal positionné. Apparaît ainsi au niveau de cette zone de faiblesse (sans hernie vraie mais avec un bulging du fascia transversalis) une douleur d’effort qui est liée à une souffrance de cette region avec phénomènes inflammatoires ou fibrose (notamment au croisement tendon conjoint, fascia et droit fémoral). Les nerfs ilio-inguinal et ilio-hypogastrique peuvent être lésés également, ce qui accentue les phénomènes douloureux. On retrouve parfois une irradiation des douleurs vers les adducteurs ou l’ilio-psoas (sans lésion anatomique obligatoirement). La chirurgie consiste à retendre l’orifice inguinal profond, permettant une bonne répartition des insertions pubiennes des muscles larges de l’abdomen. Une neurolyse (résection) des nerfs ilio-inguinal et/ou ilio-hypo-gastrique est parfois associée. Arrêt de sport avec changements de rythme et de direction de 2 mois en moyenne après une technique de shouldice (arrêt de travail de 10 jours si poste sans efforts soutenus).
  • la forme tendineuse, qui correspond à une tendinopathie des adducteurs (ou maladie des adducteurs, qui concerne de long adducteur) ou des grands droits de l’abdomen. Ces muscles ont en effet une continué anatomique et fonctionnelle. L’atteinte (qui peut être aiguë ou chronique) est située sur la zone d’insertion au niveau de la symphyse pubienne (os). Le repos sportif (relatif ou complet) et la rééducation représentent la base du traitement. En cas d’évolution difficile, une infiltration écho-guidée de corticoïdes peut être proposée, voire de facteurs de croissance, les PRP, surtout s’il existe une fissuration intra-tendineuse. En cas d’échec, une prise en charge chirurgicale sera proposée, type ténotomie du long adducteur (section de l’insertion tendineuse permettant d’allonger la course du muscle, l’insertion du long adducteur étant musculo-tendineuse. Arrêt de sport avec changements de rythme et de direction de 2 à 3 mois en moyenne après une technique de shouldice (arrêt de travail de 15 jours si poste sans efforts soutenus).
  • la forme douloureuse de l’ilio-psoas, avec ou sans lésion (musculaire ou tendineuse distale) type tensions musculaires. Les assouplissements de cette chaine musculaire antérieure seront indispensables, parfois associés à une infiltration écho-guidée.
  • l’ostéo-arthropathie pubienne, qui est liée à une souffrance articulaire de la symphyse pubienne. La chirurgie n’a pas sa place sans cette forme. Des infiltrations radio-guidées de corticoïdes ou de PRP seront proposées si les douleurs ne cèdent pas avec le repos sportif. 

La thérapeutique commune à toutes les formes de pubalgie : la prise en charge est globale mais également spécifique en fonction des différentes formes diagnostiquées

La rééducation et les anti-inflammatoires font partie du traitement utilisé en première intension, accompagnés d’un repos sportif complet ou d’une diminution du volume et de l’intensité des séances. Le temps de repos est différent selon les cas, entre 15 jours et 3 mois.

Le but est de lutter contre les facteurs favorisants, rééquilibrer les différentes tractions de cette région anatomique complexe et programmer une reprise de l’activité physique programmée et personnalisée avec travail sur le geste technique.  Le travail en piscine est intéressant afin de faciliter le travail d’assouplissements et de réaliser des exercices sans la contrainte de l’apesanteur. Une reprise de course précoce sera parfois effectuée sur tapis anti-gravitaire (alter-G).

Le sportif devra réaliser un travail d’autorééducation afin d’entretenir les acquis obtenus en rééducation ainsi que prendre soin de suivre les règles hygiéno-diététiques de base.

Les techniques manuelles, réalisées par des ostéopathes bien formés, font partie intégrante de l’arsenal thérapeutique. L’utilisation de shorty-straps est parfois intéressante sur certaines formes.

Certaines situations nous amèneront à réaliser une infiltration ou l’injection de facteurs de croissance (PRP).

En cas d’échec des techniques pré-citées, une chirurgie sera proposée (remise en tension de la paroi, associée ou non à une ténotomie des adducteurs). La reprise du sport sera progressive en post-op, programmée 2 à 3 mois après en général.

La rééducation fonctionnelle : selon le protocole d’Hölmich, l’objectif étant de diminuer certaines tensions musculaires et tonifier d’autres groupes musculaires.

Phase 1: en période de douleur

Massage visant à libérer les tensions éventuelles, massage transverse profond localisé, mobilisations articulaires.
Apprentissage des étirements de tous les groupes musculaires (Adducteurs, psoas, IJ, petits fessiers, droits fémoraux). Travail en milieu marin intéressant à ce stade.

A noter: le vélo est possible d’emblée en restant de préférence sur un mode endurant (la natation dans certaines conditions sans provoquer de douleur), la physiothérapie n’est pas un élément déterminant dans la prise en charge de la pubalgie.

Phase 2: après diminution significative des douleurs

Travail de renforcement musculaire indolore des muscles transverses de l’abdomen et obliques (1/3 des exercices sur les droits de l’abdomen et 2/3 sur les obliques et les transverses), depuis la course interne vers la course externe, en isométrique (gainage), en concentrique et en excentrique, à vitesse progressivement croissante. Travail de renforcement musculaire des muscles dorsaux. Travail de renforcement des muscles adducteurs en mode excentrique (manuel, sur appareils ou à l’élastique). Travail proprioceptif avec maîtrise de l’appui monopodal, en rétroversion du bassin.

La prise en charge personnelle, indispensable: cliquer ICI

Return to play: la reprise progressive des entrainements.

Un examen clinique programmé doit être réalisé toutes les semaines par le kiné, toutes les trois semaines par le médecin. Lorsque les tests de déclenchements de douleur sont négatifs, passage à la ré-athlétisation.
Les exercices de prévention doivent être poursuivis au quotidien par le sportif, tout le long de la préparation athlétique et au delà. Une évaluation isocinétique sera peut-être proposée afin de juger du bon équilibre des différentes chaines musculaires (quadriceps – ischio jambiers).

Seule la progressivité dans la remise en route permettra de limiter le risque de récidive: reprise linéaire sur un mode endurant, puis appuis progressifs, d’amplitude grandissante, à vitesse croissante avec exercices combinés selon la spécificité du sport pratiqué…

Exemples d’exercices sur l’application: http://h.theapp.mobi/adductorprotocol (pour information car le protocole de rééducation complet est mis en place par le masseur – kinésithérapeute).

Plus d’informations, télécharger l’abstract du cmts2a ou site web pubalgie.com

La préparation aux sports d’hiver

Les sports d’hiver, de surcroît en Corse, sont de plus en plus pratiqués par tous, petits et grands. Ski alpin, ski de fond, ski de randonnée, snowboard, raquettes sont autant d’activités que nous recherchons dès les premiers flocons tombés.
Que pouvons faire pour profiter pleinement de ces activités tout en évitant que le plaisir de la glisse ne se transforme en galère ?

Les trois facteurs déterminants sont la préparation physique, le matériel utilisé et les objectifs ciblés.

La préparation physique 

Pour le ski et le snowboard, même si un entrainement sur un mode endurant est toujours intéressant en amont, la priorité sera donnée au renforcement musculaire.
Celui-ci concernera surtout les quadriceps,  mais nous nous ne négligerons pas les fessiers, abdominaux, adducteurs, dorsaux et les muscles de l’épaule.
Le mode de contraction à ne surtout pas oublier, l’excentrique. Celui-ci est très important car tout au long des descentes enneigées, les quadriceps sont quasiment tout le temps en mode « freinateur ». C’est ce mode de contraction qui donne d’ailleurs ces fameuses douleurs après 2 jours de ski intense. Ces douleurs, que l’on appelle D.O.M.S. sont associées à une diminution de la force musculaire, celui peut constituer un facteur de risque pour les articulations telles que le genou.

Les randonnées en moyenne montagne hivernales (avec chaussures, raquettes et crampons) nécessitent en plus des qualités athlétiques musculaires pré-citées une préparation physique d’endurance à ne pas négliger, et celle-ci doit être réalisée au minimum 6 semaines avant l’objectif visé.

Alors nous soulignerons l’intérêt  du renforcement musculaire associé à l’entraînement endurant. Celui-ci sera réalisé sur vélo, tapis (ou course outdoor), elliptique, combiné avec la presse, l’isocinétisme et également le ski-trainer.

Vidéo de la préparation qui peut être proposée dans le centre médical:

Pour ceux qui envisagent des longues sorties type ski de randonnée, la marche en montagne a un coût énergétique moyen de l’ordre de 350 à 400 kcal/h. L’estimation de la dépense énergétique d’une journée en montagne pour une course de 8 h en ambiance tempérée peut être estimée à 4400 kcal/jour. A cela, il faudra ajouter les déperditions caloriques liées au froid et les pertes hydriques liées à la sudation, à la respiration (ventilation qui augmente en altitude). Nous comprendrons bien qu’il est nécessaire d’avoir une préparation nutritionnelle type alimentation du marathonien pour préparer les grosses sorties en montagne et d’emporter les rations alimentaires adéquates sans négliger la réserve hydrique indispensable.

Il est par contre évident que cette alimentation type « marathonien » ne concernera pas ceux qui resteront sur les pistes balisées avec un mode de pratique entrecoupé de pauses « vin chaud » et transat 🙂

Le matériel 

Mais pourquoi être au top physiquement si le matériel ne suit pas sur les pentes enneigées ? Même si l’entretien des skis est assez limité, il est nécessaire de le faire régulièrement (fartage, entretien des carres, des fixations et des chaussures). Il en est de même pour les raquettes et crampons.

Tout ceci ne doit pas faire oublier la protection contre le froid (en sachant qu’une journée hivernale est parfois très changeante), les détecteurs de victimes d’avalanche type arva et la signalisation à des proches du parcours de randonnée.

En théorie, la température moyenne s’abaisse de 0.8° par 100 mètres d’altitude. De plus, à 0° sous abri, la température avec un vent à 60 km/h est ressentie à -19°. D’où l’intérêt de s’équiper de manière cohérente en anticipant la journée à venir.

En conclusion

Les règles de base pour un séjour en montagne sont les suivantes:
L’ objectif doit être réaliste en fonction des conditions (météo, risque d’avalanche…) et des possibilités du sportif. Cela nécesste une préparation physique minimale avant le départ, un matériel adéquat et une alimentation calquée sur le modèle du marathonien pour ceux qui envisagent des activités de longue durée hors station type ski de randonnée.

Aponévrose plantaire et « épine calcanéenne »

Les douleurs de l’aponévrose plantaire (APS) sont souvent localisées sur la partie postérieure, prés du calcanéum (l’os du talon), côté interne. Les symptômes sont fréquemment retrouvés le matin a froid (en sortant du lit), toute la journée voire la nuit quand l’évolution est difficile.

L’aponévrose plantaire est un membrane appelée « fascia plantaire superficiel » qui s’insère du calcanéum jusqu’à la base des orteils (articulations métatarso-phalangiennes). Elle est constituée de fibres de collagène et de fibres élastiques. Son rôle est important dans le maintien, à la marche et à la course, de la structure en arche de la plante du pied.
L’APS comprend 3 faisceaux, c’est le médial (interne) qui est le plus souvent concerné par ces douleurs chroniques.

aps

La pathologie principale est l’aponévropathie plantaire chronique, le plus souvent en rapport avec :
des micro-traumatismes répétés (marche prolongée avec chaussures peu amortissantes, piétinement, course à pied…)
une atteinte dégénérative (souvent après 45 ans, avec atrophie du pannicule cellulo-graisseux plantaire)
une pression excessive (surcharge pondérale, pieds creux, inégalité de longueur des membres inférieurs…)
un traumatisme (déchirure initiale possible sur une réception de saut par exemple)
une pathologie inflammatoire…

L’atteinte peut être uni ou bi-latérale.

On peut souvent mettre en évidence sur le bilan radiographique une « épine calcanéenne », appelée en fait « enthésophyte sous-calcanéen », qui correspond à une calcification de l’insertion des muscles qui sont sous l’APS. Ce n’est pas l’épine calcanéenne qui fait mal, elle est présente par sollicitations chroniques de la plante du pied.

Les différents traitements proposés sont :

Les ondes de choc focales : une sonde envoie des ondes de choc répétées et rapprochées afin de stimuler le renouvellement cellulaire. Cette technique, de première intension, donne d’assez bon résultats (70-80% sur notre expérience au sein du centre médical).
En pratique, 4 séances en moyenne à 7 jours d’intervalle. Durée d’une séance 5 minutes environ. L’effet est attendu en 3 à 5 semaines en général.

Les orthèses plantaires (semelles réalisées par un (e) podologue), différentes selon le profil du patient.

Les étirements de la chaine postérieure (système suro-achilléo-plantaire) sont intéressants même si parfois difficiles à réaliser du fait de douleurs importantes.

L’infiltration est réalisée en cas d’échec des techniques proposées ci-dessus, souvent sous guidage échographique (1 à 2).

L’injection de facteur de croissance (PRP) peut être une solution en cas de résistance aux techniques usuelles (injection de concentré plaquettaire après avoir réalisé une prise de sang sur le patient) : objectif, stimuler le renouvellement cellulaire.

La radiothérapie peut également être une alternative en cas d’évolution difficile.

La chirurgie est très exceptionnelle.

ODC focales

La bigorexie, une addiction au sport pas si rare (en vidéo)

La bigorexie, maladie reconnue par l’OMS, est une addiction qui concerne les personnes devenues dépendantes d’une pratique excessive du sport.

Ainsi, la pratique sportive peut devenir néfaste par les excès qui en résultent alors qu’il n’y a pas obligatoirement d’enjeux en terme de reconnaissance ou de résultats de compétition.

Vidéo du débat de France 3 Corse du 3 octobre 2016

Les accidents musculaires du sportif

LES LESIONS MUSCULAIRES INTRINSEQUES
Lésions spontanées, sans contusion

La classification initiale des lésions est un élément déterminant dans la prise en charge thérapeutique. Nous mettrons de côté les anciennes dénominations, uniquement par la presse sportive, type élongation, claquage, déchirure).

Stade 0
Atteinte réversible de fibres musculaires. Douleur modérée. Contracture musculaire et diminution de la force. La récupération est complète en quelques heures.

Stade 1
 Atteinte irréversible de quelques fibres musculaires et l’intégrité du tissu conjonctif de soutien (TC).
Les symptômes sont les mêmes qu’au stade 0 en plus marqués. La récupération est complète en 7à 14 jours.

Stade 2
Atteinte irréversible de quelques fibres musculaires et modérée du TC, le tout sans hématome.
Douleur avec retentissement fonctionnel variable selon la localisation. La récupération nécessite un délai de 14 à 21 jours en moyenne (nécessaire limitation des sollicitations des groupes musculaires concernés).

Stade 3
Atteinte de nombreuses fibres musculaires et du TC qui se trouve désorganisé. Il existe un hématome intra musculaire localisé. Les symptômes sont une douleur aigue, imposant un arrêt sportif, et l’impotence fonctionnelle marquée.
La récupération est de l’ordre de 4 à 6 semaines le plus souvent mais parfois au delà selon l’importance, le type et la localisation de la lésion. Cette évolution sera conditionnée par la qualité de la rééducation fonctionnelle proposée.

Stade 4
Rupture partielle ou totale du muscle, atteinte massive du TC et formation d’un hématome en général volumineux et diffus.
Les symptômes sont marqués (impotence fonctionnelle totale). Il y a rétraction musculaire puis formation d’une cicatrice fibreuse. Il existe en général un déficit de force résiduel, même s’il existe des phénomènes de compensation par d’autres muscles avoisinants.
La reprise des activités sportives est en général assez longue, de l’ordre de 3 à 6 mois.

LES LESIONS MUSCULAIRES EXTRINSEQUES
Lésions traumatiques par contusion (« béquilles »)

On peut retrouver des lésions se rapprochant des lésions intrinsèques mais l’élément déterminant dans la prise en charge est de connaître la présence ou pas d’un hématome au sein du muscle (ou en péri-aponévrotique).

LES LESIONS MUSCULAIRES CHRONIQUES

L’évolution d’un accident initial peut être difficile, avec apparition de complications qui entrainent une symptomatologie chronique type douleur ou gêne fonctionnelle. On peut retrouver ainsi par exemple une cicatrice fibreuse douloureuse gênante, une myosite ossifiante, un hématome résiduel. Autant de situations qui demandent une prise en charge spécifique.

Mais ne perdons pas de vue que notre objectif sera d’agir en amont en limitant le risque d’évolution péjorative. D’ou la nécessité de bien codifier les lésions et de suivre un protocole de rééducation rationnel et personnalisé.

LE MODE D’APPARITION DES LESION MUSCULAIRES INTRINSEQUES = SOUVENT UN GESTE EXCENTRIQUE

Il s’agit d’une contraction musculaire visant à freiner un mouvement (vers la position d’étirement), parfois dans un contexte d’échauffement insuffisant mais souvent sur un muscle en situation de « fragilité » par insuffisance de préparation (manque de force excentrique), par fatigue musculaire.

Les DOMS : douleur musculaire d’apparition retardée (24h après) suite à des efforts répétitifs, souvent inhabituels ou excessifs. Les efforts concernés sont des exercices musculaires excentriques (freinateurs). La durée décrite est souvent de l’ordre de 5 à 6 jours.

Ceci peut être aisément imagé par les courbatures du lendemain d’une randonnée en montagne au niveau des quadriceps, liées aux efforts freinateurs de la descente finale (ou en ski alpin avec les enchainements de bosses qui nécessitent ce même type de contractions).
Ce sont les micro-lésions musculaires consécutives au travail excentrique qui sont responsables de cette réaction inflammatoire des muscles concernés.
On constate alors 2 phénomènes, la douleur musculaire et la diminution de la force développée. La douleur a l’avantage d’être un signe d’alerte mais même lorsqu’elle disparaît, il persiste toujours un déficit de cette force musculaire avec une proprioception altérée (période de fragilité).

Le diagnostic est essentiellement clinique avec une douleur palpatoire diffuse, un étirement difficile et une contraction plus ou moins douloureuse et déficitaire, notamment en course externe, ceci dans les différents modes de contraction. Le diagnostic est déjà réalise a 90% à l’interrogatoire, avec la notion d’effort inhabituel en excentrique (mais pas toujours seulement excentrique).

Les examens complémentaires ne sont en général pas réalises dans les cas typiques sauf si le sportif présente de nombreux antécédents musculaires rendant nécessaire la réalisation d’un diagnostic différentiel. Si ceux-ci étaient réalisés, nous pourrions noter une élévation des enzymes musculaires, un œdème musculaire plus ou moins marqué en échographie et en IRM. (Photo IRM hypersignal du droit fémoral chez un footballeur)

La guérison est spontanée et ne nécessite aucun traitement particulier. Une chose à retenir: le testing musculaire doit être normal (étirement et contractions indolores) avant la reprise et celle-ci devra être dosée (progressivité indispensable).

La prévention: il faut traiter le mal par le mal en habituant le muscle à subir des contraintes excentriques, donc le travail excentrique est nécessaire en amont de la blessure.

Une évaluation isocinétique avec mesure de la force excentrique peut être réalisée en début de saison de sport afin de guider un éventuel renforcement a titre préventif. Cette évaluation permettra de calculer les rapports entre les muscles agonistes et antagonistes.

LA PRISE EN CHARGE MEDICALE DES ACCIDENTS MUSCULAIRES

Sur le terrain : il n’y a pas d’urgence. Face à l’apparition d’une douleur aigüe, une seule chose à faire, arrêter les sollicitations (mise en décharge éventuellement), comprimer (bande de contention pour les 48 premières heures) et glacer régulièrement. Important = ne pas masser.

Les éventuelles imageries ne seront pas réalisées avant 48 à 72 heures.
Une ponction sera parfois proposée, sous guidage échographique en cas d’hématome important (suivi d’une compression immédiate). Une injection de PRP (facteurs de croissance) est réalisée dans des circonstances particulières (récidives, lésions importantes, sportif de haut-niveau).

La rééducation fonctionnelle, élément déterminant.

Première phase: (période aigüe douloureuse)
Physiothérapie (cryothérapie, courants excito-moteurs, capillarisation, T-care thérapie), drainage à distance du foyer initial. Cryo-pressothérapie (type game ready) si disponible.
Repérer les zones non douloureuses et réaliser un travail isométrique indolore sur ces groupes musculaires avec respect de la règle de la « non douleur ».
Etirements manuels passifs, puis actifs progressifs infra-douloureux.


Deuxième phase
: (amélioration des critères cliniques: palpation, étirement, contraction isométrique) Après échauffement, renforcement musculaire excentrique progressif manuel dans les secteurs angulaires de sécurité (sur 30 à 40° initialement sans aller en course externe), sans douleur. Débuter à vitesse lente. Ne pas négliger les muscles antagonistes.

Progressivité dans les exercices (exercices de co-contractions, proprioception…) qui devront être variés.
Puis renforcement excentrique avec l’aide du dynamomètre isocinétique si disponible.
Pour les ischio-jambiers et les adducteurs, le vélo peut être débuté très rapidement, initialement à vide. Objectif, faire travailler tout ce qui peut l’être.

Troisième phase: (finaliser la consolidation, préparer le retour terrain)
Massage, ultra-sons sur les zones cicatricielles éventuelles. Réhabilitation et travail sur le geste technique. Apprentissage du travail de prévention (étirements, Pb de technopathie éventuelle…)

LE RETURN TO PLAY

La réhabilitation du sportif blessé demande une bonne connaissance clinique mais également du sport pratiqué.
Il sera nécessaire de réaliser en salle les exercices qui seront effectués sur le terrain grandeur nature.
Ainsi, nous nous assurerons que tous les feus sont au vert avant d’envisager un retour à l’entrainement sans limite.

Exemple de critères utilisés :

– Respect du délai de repos usuel (sert de repère sans être un feu vert isolément)
– Normalisation des données de l’examen clinique (absence de douleur palpation, contraction et étirement)
– Retour terrain subjectif satisfaisant de la part de l’athlète (bonnes sensations du sportif)
– Evaluation musculaire +- tests proprioceptifs satisfaisants
– Récupération des amplitudes / souplesse optimale
– Amélioration lésionnelle en imagerie (contrôle non systématique)

Optimiser le suivi des footballeurs

En début de cette nouvelle saison 2015-2016, l’effectif professionnel a effectué, après 9 semaines d’entraînement, une évaluation de la tolérance à l’entrainement par mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque. Cet outil, qui permet de caractériser la fatigue dans une optique de gestion physiologique du joueur, a été organisé à l’initiative du staff technique et médical.Les joueurs étaient réunis dans la salle de musculation en ce mardi matin, sous l’œil attentif du Dr Gilles Testou, responsable médical à l’AC Ajaccio, Olivier Pantaloni, entraîneur, Pierre Bazin, préparateur physique et Laurent Schmitt, chercheur associé à l’Université de Lausanne.

Sans titre

Les Acéistes ont subi des tests médicaux dont le principe est le suivant: avec un cardio-fréquence-mètre adapté, on évalue l’activité du système nerveux autonome avec, au final, un profil personnalisé de chaque joueur à l’instant T.

Les objectifs de cette évaluation sont nombreux, comme l’adaptation des séances d’entraînement, la mise en place de techniques de récupération et de relaxation. Cette mesure est effectuée 2 fois par saison de manière collective sur l’ensemble du groupe, mais également de manière ponctuelle en fonction des joueurs “ciblés” (diminution des performances, sensation de fatigue…). La séance d’évaluation a été effectuée sous la responsabilité de Laurent Schmitt(*), chargé de ce suivi à l’ACA depuis 2 ans et demi.

Une approche moderne de la préparation athlétique
dans une optique de performance

«Le football a tout intérêt à se rapprocher des ces praticiens qui ont une approche globale du sportif, un recul suffisant apporté par l’expérience et par les travaux scientifiques validés. Pas uniquement en ce qui concerne la variabilité de la fréquence cardiaque mais en ce qui concerne l’approche moderne de la préparation athlétique» a expliqué le Dr Gilles Testou.

Le préparateur physique Pierre Bazin a souligné que cette évaluation permet de coller au plus près aux besoins du joueur. Le but final est de maîtriser la préparation de chaque joueur en lui proposant les meilleures solutions possibles pour le rendre performant: « l’idée c’est d’avoir l’état de forme des joueurs à l’instant T, savoir comment ils ont digéré les neuf semaines d’entraînement.

Chaque organisme a sa réponse propre à la charge de l’entraînement. Les données de cette synthèse générale vont nous permettre d’adapter la récupération et le travail athlétique. Les premiers résultats sont encourageants et nous consolident dans l’orientation du travail adoptée » a -t-il conclu.

(*) Laurent Schmitt est le responsable du département de l’optimisation de la performance et de la recherche au centre National d’entrainement de ski nordique de Premanon, Docteur en Biologie, agrégé d’EPS, chercheur associé à l’Université de Lausanne, Laurent Schmitt travaille auprès des sportifs de haut-niveau dans d’autres domaines que les sports nordiques (qui restent son activité principale avec le suivi des équipes de France de ski nordique). En effet, sa collaboration s’effectue auprès de la Fédération Française de tennis (conseiller scientifique pour la FFT), du pôle France de natation d’Antibes, des cyclistes de l’équipe AG2R, de la Fédération Française de triathlon.

Extrait de l’article de l’ACA Football (sept 2015)

Bilan HRV 150915

La marche sportive, on a tout à y gagner

L’activité physique est reconnue par tous pour ses bienfaits en terme de prévention des nombreuses maladies chroniques.


Hippocrate déjà, entre 460 et 377 av JC, proposait de traiter la 3ème phtisie (bronchite chronique) par un régime à base de poireaux, de vin, et de marche selon le protocole suivant:
1er mois 20 stades (1 = 180m) par jour, puis 10 stades de plus chaque mois, jusqu’à 150 stades au final. Il était dit que si le patient suivait le traitement, il guérissait.

Galien, lui, expliquait plus tard que les âmes sont à l’origine du mouvement et affectées par celui-ci. Les exercices doivent être adaptés par celui qui les pratique. C’est le père de l’individualisation de l’entrainement.

Christian Prefaut et Jacques Mercier, ces dernières années, nous ont appris que l’objectif premier de la réhabilitation n’est pas la maladie mais le malade.
Pour en revenir à Hippocrate, tout est vrai. Ce que nous savons en plus, c’est que la réhabilitation ne s’arrête pas à 1 à 3 mois d’exercice mais nécessite un maintien des activités le plus longtemps possible.

Si on y ajoute le plaisir d’évoluer dans un environnement tel que nous le connaissons sur notre île, nous avons tout à gagner à nous intéresser de plus près à cette activité qui est la marche sportive.

L’objectif ?
Mobiliser tout ce qui peut l’être.
Nous pourrions comparer le corps humain à une voiture. Le moteur est composé de 3 éléments déterminants pour avancer:
1. les muscles: ils ont besoin de carburant pour fonctionner, le glucose ou les lipides (et un petit peu les protéines). Comme tout moteur à explosion, l’oxygène est nécessaire pour que tout fonctionne. L’oxygène est apportée par:
2. les poumons: ils permettent l’entrée de l’oxygène (et la sortie du CO2). La ventilation s’adapte au fur et à mesure des sollicitations demandées.
3. le coeur et la vaisseaux: ils permettent le transport de cet oxygène jusqu’au muscle en s’adaptant à la demande.

La marche sportive est un bon moyen de recommencer ou de débuter une activité physique.

L’avantage de ce sport ?
La faible composante traumatique. En effet, le marcheur, contrairement au coureur, à toujours un pied au sol, donc moins d’impacts traumatisants à chaque foulée.
La vitesse de marche, le dénivelé, la durée de l’exercice sont autant de paramètres que nous pouvons réguler afin d’arriver à l’objectif recherché (bien être, dépense énergétique, performance).
On peut y ajouter le travail sur le geste technique avec des sollicitations plus ou moins importantes des bras, ce qui augmente significativement la dépense énergétique. La foulée également peut être optimisée.
Autre avantage de ce type d’activité, le ciblage d’objectifs tels que l’aide dans le contrôle du poids (associé à une prise en charge nutritionnelle).
En effet, il est réalisable de rechercher l’intensité idéale sur une zone permettant d’augmenter l’oxydation des lipides, c’est à dire de »brûler plus facilement les graisses ».
Cet objectif peut être atteint avec l’aide d’un cardio-fréquence-mètre (petit appareil permettant de mesurer en instantané la fréquence cardiaque), après avoir réalisé un test d’effort qui mesure la zone idéale d’entrainement (appelée lipox-max).

Comment se préparer ?
Il n’y a pas de préparation spécifique, la progressivité dans la pratique sert elle même de préparation.
Les seules exceptions, les patients porteurs de maladies chroniques limitant les efforts (obésité, maladies cardio-vasculaires non stabilisées…), patients présentant des handicaps locomoteurs lourds.
Dans ces cas de figure, une prise en charge médicale initiale sera indiquée avec la prescription d’activité physique dosée et personnalisée si l’on ne relève pas de contre-indication. Un bilan médical préalable plus ou moins complet sera peut être proposé.
Une prise en charge parallèle en rééducation fonctionnelle sera parfois nécessaire si les pathologies de l’appareil locomoteur le demandent.

Au total, la marche sportive permet de réaliser une activité physique peu traumatisante sur le plan articulaire tout en permettant une prévention de différentes maladies telles que le diabète, l’obésité, les maladies des coronaires, l’ostéoporose…


Le tout en profitant de ces cartes postales que nous pouvons observer dans les sentiers qui entourent notre cité impériale.

Pour plus d’info, cliquez sur: chemin des crêtes d’Ajaccio