Fréquence cardiaque, puissance et rentabilité du sportif

Le sportif connecté
La  fréquence cardiaque est le paramètre le plus fréquemment mesuré chez le sportif, associé en général aux données GPS, ce qui définit 3 bases compréhensibles pour nos athlètes: le temps, la distance (des deux donnant ainsi la vitesse) et le dénivelé.
Mais comment interpréter cette fréquence cardiaque qui varie avec le type d’exercice, la vitesse, le dénivelé mais également avec des critères techniques qui influent sur la rentabilité dans l’effort.

La puissance (P) se mesure en  watts, elle est dépendante de la force (F) et de la vitesse (V) de pédalage (cadence) selon la formule suivante: P = F x V.  
Ainsi, deux cyclistes peuvent exercer une force identique sur les pédales tout en ayant une fréquence de pédalage différence.
Celui qui augmente significativement sa cadence de pédalage développe automatiquement une puissance supérieure, ses performances dont donc supérieures.
Mais attention, le sportif de bon niveau se doit d’être capable de reproduire les efforts pendant des durées suffisamment longues et ainsi, cette puissance doit être étalée sur les moments décisifs de l’épreuve sportive.
Donc, au cours d’une épreuve cycliste, hormis les périodes de sprints (parfois autour de 1000 watts sont développés pendant quelques secondes), les puissances optimales arrivent tout de même à être maintenues pendant de nombres minutes à des zones pouvant atteindre 400 watts pendant près d’une heure chez l’athlète très entrainé).
Plus l’épreuve est longue, plus elle dure et ainsi, la puissance moyenne développée baisse automatiquement  (entre 15 minutes et une heure, on peut perdre un watt par minute).

Se rapprocher de son poids de forme participe à la rentabilité au cours de l’exercice. Ceci est vrai en course à pied comme sur le vélo, il suffit de s’entrainer avec un gilet lesté pour s’en convaincre (2 kg suffisent).
Le ressenti du sportif se verra amélioré, les performances surtout. On considère 
que, dans une montée à 7% de moyenne, un kilo en moins représente cinq watts de puissance en plus. Dans un domaine ou les secondes sont comptées, on imagine bien l’intérêt d’être optimal dans la recherche du poids de forme.


L’aptitude aérobie du sportif
Durant un travail physique intense et prolongé, l’aptitude d’un individu dépend surtout de sa faculté à prélever (au niveau des poumons), transporter (par le sang), délivrer de l’oxygène aux muscles en activité, qui eux-mêmes pourront l’utiliser au maximum.
Le volume d’oxygène consommé est le VO2 à un moment donné. Au maximum de l’exercice aérobie (énergie produite par combustion avec consommation d’oxygène), c’est le VO2max. Le VO2max correspond à un niveau d’effort au delà duquel on ne peut pas apporter plus d’oxygène à notre moteur. 
Ainsi, le VO2max permet de déterminer l’aptitude physique d’un individu à effectuer un travail intense et prolongé.

La rentabilité, l’économie de course
Mais la puissance et la vitesse au cours d’une épreuve endurante ne sont pas dépendants exclusivement du VO2max. L’autre élément à prendre en compte est la rentabilité dans l’effort (fréquence de pédalage, foulée, économie de course).
Ainsi, on ne peut pas réduire la pratique du cyclisme à un gros volume d’entrainement. Enchainer les kilomètres ne suffit pas pour être performant. Comme dans tous les sports, il faut prendre en compte da rentabilité dans l’exercice, en sachant que plus on mobilise des masses musculaires, plus la consommation d’oxygène augmente. C’est là qu’il faut trouver la bonne cadence en fonction du braquet afin de rester sur une utilisation raisonnable du VO2 max). Si on reste trop longtemps à un gros pourcentage du VO2max, on approche malheureusement de la fin de l’exercice.

L’épreuve d’effort VO2 max et la détermination des seuils
Elle permet de déterminer entre autre PMA, VMA, VO2max, Seuil ventilatoire 1 et 2. L’ensemble des applications à l’entraînement va résulter de l’identification de SV1 et SV2.
La valeur du 2ème seuil (SV2) est intéressante pour le sportif car elle permet de déterminer à quel pourcentage du V02max on passe de l’état métabolique favorable à l’autre. Plus ce pourcentage sera élevé, meilleure sera la capacité d’endurance du coureur.
La capacité aérobie peut se définir comme la capacité à utiliser le potentiel aérobie. Car il ne suffit pas d’avoir un excellent VO2max pour avoir un haut niveau de performances aérobies.

Les applications à l’entrainement
S’il existe une relation linéaire entre puissance et fréquence cardiaque, ce n’est pas le cas  entre niveau de performance et fréquence cardiaque. En effet, les fréquences cardiaques maximales sont individuelles (les logiciels donnent des valeurs moyennées sur des groupes de population mais avec des risques d’échapper à ces profils types).
L’entraînement devra comporter des séances alternant un travail aérobie et des exercices de puissance (fractionné long). Le tout peut donc être guidé par le cardio-fréquencemètre, avec les cibles prioritaires de la zones de seuils.
Même si le VO2max reste peu ou pas modifiée au cours de la saison, ce qui compte c’est être capable pour un même VO2 de développer des puissances ou une vitesse supérieures.
L’entraînement cherchera à décaler le plateau d’endurance (donc le SV2) vers la droite, c’est-à-dire vers des puissances supérieures. Pour la même adaptation énergétique, l’effort produit sera alors supérieur. D’autres indicateurs pourront également témoigner d’une amélioration, telle que des FC identiques pour un niveau de puissance supérieur. La fraction d’utilisation de l’O2 pourra également être modifiée.
La répétition de ces tests au cours d’une saison sportive montre en général ce type de progression. Un VO2max identique n’exclut pas une amélioration du niveau de performance (l’important est d’être capable d’utiliser pendant longtemps un gros pourcentage du VO2max).

Au final, si les applications pratiques des tests d’effort type VO2max sont reconnues, l’étude et l’amélioration de la rentabilité sont indispensables lorsque l’on veut optimiser la performance.

Optimisation de la performance, détection et typologie de la fatigue par inCorpus Team

Les compétitions nationales et internationales sont reportées par le covid19. Nul ne sait quand se rouvrira l’agenda mais il rouvrira. Dans l’intervalle, le corps humain continue de produire de l’énergie qu’il est déterminant de maintenir aussi élevée que possible pour anticiper le retour à la compétition tout en respectant les consignes de sécurité.

Votre challenge : être là, au plus haut niveau, le jour J, quand les compétitions reprendront. inCORPUS® : une solution pour relever ce défi.

La technologie répond en 3 points aux contraintes exceptionnelles que vous impose la situation :

  1. Elle apporte : à chaque entraîneur un outil digital immédiat pour suivre à distance les évolutions physiologiques de ses sportifs et, à chaque athlète pour continuer de s’entrainer et se maintenir en forme,

  2. Elle détecte des manifestations précoces et silencieuses de la fatigue par mesure et analyse du niveau de forme physique de chaque athlète qu’elle segmente en 8 profils d’énergie distincts,

  3. Elle apporte en temps réel et à distance des conseils et remédiations personnalisés à chaque profil d’énergie identifié pour un suivi individualisé et un entrainement adapté.

Développé sous l’impulsion de notre Comité Scientifique dont le Dr Laurent Schmitt et le Pr Grégoire Millet, inCORPUS® est un outil de gestion de la performance fondé sur une expertise unique de l’analyse de la Variabilité de la Fréquence Cardiaque (VFC/HRV) éprouvée par de nombreux podiums olympiques et mondiaux.

L’auto-rééducation du tendon d’Achille, mollet et aponévrose plantaire

Il existe plusieurs types de tendinopathies achilléennes  mais dans certains cas, il vous sera demandé de réaliser un travail personnel en plus des séances de rééducation fonctionnelle avec votre kiné.
Ce travail, qui sera aussi valable en prévention des tendinopathies achilléennes, devra être réalisé selon les bases suivantes:

1. Étirements progressifs du triceps sural: durée de 30 secondes, à 5 reprises. Ces étirements pourront être réalisés sur le terrain ou bien chez vous  avec l’aide d’un élastique (voir vidéo ci-dessous) en prenant soin de bien étirer tout le complexe suro-achilléo-plantaire.

Autre possibilité,  facile à réaliser au quotidien, l’utilisation de la Bascule (voir vidéo en haut de page).

2. Travail excentrique selon le protocole de stanish en utilisant une marche d’escalier par exemple (voir la vidéo ci-dessous)

Ce protocole est réalisable lorsque les étirements sont indolores.

Le principe: un renforcement musculaire sur un mode freinateur qui va permettre au tendon de subir les contraintes liées à la pratique du sport ou de la vie quotidienne. Il s’agit donc d’exercer un effort freinateur tout en allant vers la position d’étirement du complexe musculo-tendineux.
Progression en vitesse et en résistance externe:

1 cycle = 6 séances (3 séries de 10 répétitions par séance)

Premier cycle: en se servant des 2 pieds pour monter sur la pointe des pieds et en descendant (et donc en freinant) en s’aidant de l’autre pied.
J1 et J2: vitesse lente
J3 et J4: vitesse moyenne
J5 et J6: vitesse rapide

Deuxième cycle: en se servant des 2 pieds pour monter sur la pointe des pieds et en descendant (et donc en freinant) en se servant de moins en moins de l’autre pied.
J1 et J2: vitesse lente
J3 et J4: vitesse moyenne
J5 et J6: vitesse rapide

Troisième cycle: en se servant des 2 pieds pour monter sur la pointe des pieds et en descendant (et donc en freinant) uniquement du côté que l’on travaille.
J1 et J2: vitesse lente
J3 et J4: vitesse moyenne
J5 et J6: vitesse rapide

Quatrième cycle: en se servant des 2 pieds pour monter sur la pointe des pieds et en descendant (et donc en freinant) uniquement du côté que l’on travaille en ajoutant une charge (petits haltères ou sac à dos…)
J1 et J2: vitesse lente
J3 et J4: vitesse moyenne
J5 et J6: vitesse rapide

C’est la douleur qui doit contrôler la progression du protocole. On augmente à chaque séance la vitesse si la douleur est uniquement modérée et seulement sur la dernière répétition.
Gardons à l’esprit que cette douleur doit être présente a minima pour que l’on ait un minimum d’efficacité.

3. Étirements à nouveau

4. Glaçage

Le risque classique de cette technique: les D.O.M.S. (Delayed Onset Muscle Soreness)= douleurs musculaires post-effort excentrique, qui peuvent durer plusieurs jours et doivent guider les séances suivantes (délai de récupération indispensable entre chaque séance). La douleur s’accompagne d’une nette diminution de la force musculaire développée.

Ce type de lésion doit nous rendre prudent dans le travail excentrique qui est, certes bénéfique, mais peut rapidement être traumatisant s’il est mal dosé ou inapproprié.

La prise en charge des facteurs favorisants devra être intégrée; elle comprend:

– les règles hygiéno-diététiques (hydratation suffisante, alimentation équilibrée et diversifiée)
la modification des appuis éventuellement après analyse podoscopique statique et dynamique: orthèses plantaires ou hémi-orthèses postérieures, modification du chaussage…
l’adaptation de l’activité physique (à discuter avec le médecin et le kiné).

L’évaluation isocinétique du sportif

Les dynamomètres isocinétiques existent depuis de nombreuses années, plusieurs appareils sont commercialisés, les plus connus sous le nom de Biodex et de Contrex.
A partir des données analytiques recueillies, quelles sont les applications pratiques, chez le sportif notamment ?

Le concept isocinétique, applications chez le sportif:

On appelle un exercice en isocinétisme un mouvement effectué à vitesse constante sur l’ensemble de la course. Ceci implique que le dynamomètre applique en tout point du mouvement une résistance auto-adaptée. Cette résistance s’adapte en permanence à la force du patient afin d’atteindre la vitesse angulaire pré-définie.

Le dynamomètre isocinétique permet une évaluation de la force maximale à différentes vitesses (en degrés/seconde), à différents angles, avec un nombre de répétitions en théorie illimité, en concentrique comme en excentrique, le tout en fonction du geste sportif.

Nous pouvons ainsi rechercher un déficit musculaire en le quantifiant ou un défaut de contraction dans une amplitude articulaire donnée.
Enfin, chose importante, il est possible de calculer des ratios qui visent à déterminer l’équilibre entre différentes chaines musculaires.

Chez le sportif sain, nous utilisons cette technologie dans le cadre de la prévention des blessures, pour le suivi longitudinal et pour l’optimisation de la performance. Nos repères sont la comparaison droite / gauche, les évaluations antérieures éventuelles, les ratios agonistes / antagonistes, les données de la littérature concernant la même population.
Chez le sportif blessé, les évaluations isocinétiques permettent de cibler la rééducation et d’affiner la réathlétisation dans le cadre du “return to play”. Nos repères sont les mêmes que ci-dessus, en particulier le côté sain.
Les avantages: le test est bilatéral, reproductible et sécurisé (important pour le travail excentrique en particulier). Il est possible de vérifier en direct le niveau de performance grâce au feedback affiché à l’écran.
Les limites: il s’agit d’une chaine cinétique ouverte, les amplitudes articulaires sont limitées en isocinétisme (temps de latence pour arriver à la vitesse recherchée) et sont parfois loin de la réalité fonctionnelle du geste sportif (complexes, rapides).

Le dynamomètre isocinétique permet des évaluations sur le mode concentrique, puis dans un second temps on peut effectuer une série excentrique (l’apprentissage et l’échauffement de qualité sont indispensables).

L’équilibre agonistes / antagonistes:

Ces rapports sont importants à calculer, notamment le ratio mixte (ou ratio fonctionnel de Croisier).
Ratio mixte = moment maximal antagoniste excentrique / moment max agoniste concentrique.

Les indications les plus courantes au sein du CMTS 2A:

Quadriceps / ischio-jambiers: accidents musculaires itératifs, genou instable (opéré ou non), conflit fémoro-patellaire.
Epaules: instabilité opérée ou pas, pathologie de la coiffe des rotateurs (plus rarement).
Chevilles: instabilité.

La méthodologie:

La reproductibilité des évaluations est indispensable. Il est ainsi nécessaire d’utiliser un protocole rigoureux pour un test maximal standardisé.
On insistera sur de bonnes conditions d’échauffement, un apprentissage avec le dynamomètre après une installation confortable avec respect des axes articulaires et des amplitudes réalistes.
En général, on effectue une série concentrique à vitesse angulaire rapide (6 répétitions) , une  concentrique lente (3 répétitions) et une excentrique lente (3 répétitions).

Les paramètres mesurés:

On s’attardera sur le moment de force maximale, l’analyse des courbes (à vitesse lente), les ratios, la tolérance clinique, la fatigabilité éventuellement…

Au total:

L’isocinétisme est un bon outil de  mesure de la force musculaire pour le suivi médico-physiologique du sportif.
Un démembrement clinique est cependant indispensable, accompagné d’une recherche du facteur déclenchant de la pathologie éventuelle.
Ce n’est pas un outil idéal par contre pour l’analyse de la biomécanique du geste sportif.

Le VO2 max, intérêt chez le sportif

L’épreuve d’effort avec mesure des échanges de gaz est un examen qui permet d’évaluer l’aptitude aérobie d’un sportif. Cette exploration est aussi largement utilisée pour déterminer l’origine d’une dyspnée d’effort (essoufflement anormal), l’objectif étant la recherche du facteur limitant (cardiologique, respiratoire ou musculaire).

Ce test est différent d’une épreuve d’effort cardiologique classique qui est avant tout orientée vers l’adaptation cardiovasculaire à l’effort, et ne prennent pas en compte la composante respiratoire, à savoir le VO2.
Les volumes d’O2 et de CO2, inspirés et expirés, sont recueillis à l’aide d’un masque, et vont permettre d’analyser l’adaptation respiratoire du sportif par rapport à l’intensité de l’effort demandé.

Voici quelques éléments qui permettront de connaitre l’intérêt de ce test chez le sportif.

Les principes de base:

Pour clarifier dès le départ la situation, comparons le corps en mouvement à un moteur de voiture:

– le muscle serait le corps du moteur (avec les mitochondries qui sont des petites usines qui fabriquent de l’énergie)
– le carburant serait le glycogène et les lipides (apportés par l’alimentation)
– comme tout moteur, il fonctionne avec de l’oxygène (qui entre par les poumons et qui est transporté grace à la pompe cardiaque) comme schématisé ci-dessous:


A partir de là, on comprend aisément que pour parvenir à réaliser un exercice d’intensité croissante (pour produire donc de l’énergie), il faut:

  1. en augmentant les entrées d’oxygène (nous respirons plus vite et plus amplement), c’est la capacité de diffusion (qui peut être limitée par une pathologie respiratoire, par l’altitude ou chez l’adulte extrême,
  2. en augmentant le transport de l’oxygène (accélération de la fréquence cardiaque , du volume d’éjection du coeur…), c’est la capacité de transport (qui peut être limitée par une anémie, une pathologie cardiaque mais inversement augmenté par l’auto-transfusion et la prise d’EPO),
  3. en améliorant le métabolisme musculaire (par augmentation de l’action des enzymes oxydations, de la densité capillaire et de l’apport de substrats).

Durant un travail physique intense et prolongé, l’aptitude d’un individu dépend surtout de sa faculté à prélever (au niveau des poumons), transporter (par le sang), délivrer de l’oxygène aux muscles en activité, qui eux-mêmes pourront l’utiliser au maximum.

Le volume d’oxygène consommé est le VO2 à un moment donné. Au maximum de l’exercice aérobie (énergie produite par combustion avec consommation d’oxygène), c’est le VO2max. Le VO2max correspond à un niveau d’effort au delà duquel on ne peut pas apporter plus d’oxygène à notre moteur. Ainsi, le VO2max permet de déterminer l’aptitude physique d’un individu à effectuer un travail intense et prolongé.

Au cours du test d’effort, les volumes d’O2 et de CO2, inspirés et expirés, sont recueillis à l’aide d’un masque, et vont permettre d’analyser l’adaptation respiratoire du sportif par rapport à l’intensité de l’effort demandé.

Amélioration du VO2max

Chez l’adulte, l’amélioration du V02max  par l’entrainement est modérée (15 à 20%). Il est par contre possible d’améliorer la capacité à utiliser un important pourcentage du VO2max  pour effectuer un exercice (aller plus vite pour  un même VO2max) . C’est cette faculté d’utiliser le maximum de sa consommation d’oxygène pendant le temps le plus long qui conditionne les possibilités de performance pour les efforts d’endurance. Plus l’endurance maximale aérobie se rapproche du V02max, plus le sportif est capable d’améliorer ses performances.

Il n’ a pas obligatoirement de corrélation entre le VO2max et la performance chez le sportif (contrairement au sujet sédentaire).
Ce qui est important chez le sportif c’est de mesurer l’économie de course,  le pourcentage de VO2max au seuil et de caractériser la balance glucide-lipidique à l’effort.

La consommation d’oxygène augmente avec l’intensité de l’effort, pour finir par se stabiliser « en plateau » à partir d’une certaine intensité (plafonnement des possibilités d’adaptation du sportif à l’effort demandé). Le VO2max est alors atteint.
La valeur maximale du VO2 recueilli lors d’une épreuve d’effort est un témoin de la capacité maximale du métabolisme aérobie d’un sportif (ou patient) à l’effort.

Les paramètres mesurés exploitables par le sportif

FC max : souvent inférieure à celle du terrain qui est lié à une composante anaérobie, avec le stress et les conditions de pratique…
Cette fréquence cardiaque est souvent plus élevée sur vélo que sur tapis (tout comme le VO2 max).

PMA : puissance maximale développée, correspondant à la consommation maximale d’oxygène. La PMA n’est donc pas forcément la puissance maximale atteinte.

VMA :utilisée pour les tests sur tapis, la VMA correspond à la vitesse développée lorsque le VO2max est atteint. Cette VMA n’exclut pas la possibilité pour le sportif de courir encore quelques secondes de plus au palier supérieur. On notera le cas échéant la vitesse maximale atteinte en plus de la VMA.

Les seuils : tôt ou tard, selon son niveau d’entraînement, l’organisme fait appel à une plus grande proportion du métabolisme anaérobie, d’ou une production plus ou moins importante d’acide lactique. Dans une première phase, l’acide lactique peut être métabolisé par l’organisme (donc re-cyclé), mais au fur et à mesure que la charge augmente, cette réutilisation du lactate est limitée et il n’est plus possible compenser la production des ions H+, d’où, progressivement apparition d’une acidose métabolique.

SV1: « seuil d’adaptation ventilatoire »: bon indice de la capacité endurante (aérobie) ou autrement dit de l’endurance maximale aérobie. En travaillant au-dessus de SV1, on travaille efficacement son endurance. Sert aussi de référence pour ré-entraîner certains malades (insuffisants cardiaques, diabétiques, asthmatiques, …).  Chez un sportif « endurant », SV1 se situe au dessus de 65 % du VO2max. Un SV1 inférieur à 40% du VO2max théorique signe un limitation périphérique (musculaire).

SV2: « seuil d’inadaptation ventilatoire » (degré de charge à partir duquel une augmentation encore plus grande de l’effort se traduit par une augmentation très rapide de l’acidose).
Le SV2, associé au VO2max, permet de personnaliser le suivi de l’entraînement.  Ainsi, en travaillant au-dessus de SV2, on va pouvoir programmer des séances de fractionnés ciblées sur la filière dite « anaérobie ». Chez un sportif entraîné, SV2 se situe au-dessus de 80 % du VO2max.

La zone située entre les deux seuils ainsi déterminés s’appelle zone de transition aérobie-anaérobie.

En pratique, la valeur de seuil anaérobie (S2) qui est intéressante pour le sportif car elle permet de déterminer à quel pourcentage du V02max on passe de l’état métabolique favorable à l’autre. Plus ce pourcentage sera élevé, meilleure sera la capacité d’endurance du coureur.

Applications à l’entraînement

L’ensemble des applications à l’entraînement va résulter de l’identification de SV1 et SV2.

La capacité aérobie peut se définir comme la capacité à utiliser le potentiel aérobie. Car il ne suffit pas d’avoir un excellent VO2max pour avoir un haut niveau de performances aérobies.

L’entraînement devra comporter des séances orientées vers le développement de cette aptitude, par une alternance de travail aérobie et d’exercices de puissance (fractionné long).

Même si le VO2max reste peu ou pas modifiée au cours de la saison, ce qui compte c’est être capable pour un même VO2 de développer des puissances ou une vitesse supérieures.

L’entraînement cherchera à décaler le plateau d’endurance précédemment décrit (donc le SV2) vers la droite, c’est-à-dire vers des puissances supérieures. Pour la même adaptation énergétique, l’effort produit sera alors supérieur. D’autres indicateurs pourront également témoigner d’une amélioration, telle que des FC inférieures pour un niveau de puissance identique. La fraction d’utilisation de l’O2 pourra également être modifiée.

La répétition de ces tests au cours d’une saison sportive montre en général ce type de progression. Un VO2max identique n’exclut pas une amélioration du niveau de performance.

Matériel utilisé au CMTS 2A: 
Quark CPET cardio Pulmonary Exercise Testing COSMED, test sur vélo ou tapis.

Les pubalgies du sportif

Il s’agit d’un syndrome douloureux d’effort et post-effort concernant la région du pubis, souvent lié à un déséquilibre des différentes forces de traction musculaires, avec ou sans faiblesse anatomique.
Le geste sportif tel que l’appui unipodal répété avec effet de cisaillement, combiné avec des accélérations brutales est le facteur déclenchant.

Le diagnostic du syndrome de carrefour pubien est en général clinique (en interrogeant et examinant le sportif). Les examens complémentaires tels que la radiographie, l’échographie ou l’IRM sont utilisés pour orienter un choix thérapeutique (apprécier l’importance de la souffrance de la symphyse pubienne, bilan tendineux…).

Cette symptomatologie douloureuse du carrefour pubien englobe plusieurs entités qui peuvent s’intriquer. Nous ne traiterons pas les pathologies de la hanche telles que les conflits.

Il existe en effet 4 types de pubalgies (groin pain pour les anglo-saxons):

  • la forme pariéto-abdominale, syndrome douloureux lié à une inefficacité de la paroi abdominale par orifice inguinal externe qui est trop ouvert, avec un tendon conjoint (du muscle oblique interne et transverse de l’abdomen) qui est mal positionné. Apparaît ainsi au niveau de cette zone de faiblesse (sans hernie vraie mais avec un bulging du fascia transversalis) une douleur d’effort qui est liée à une souffrance de cette region avec phénomènes inflammatoires ou fibrose (notamment au croisement tendon conjoint, fascia et droit fémoral). Les nerfs ilio-inguinal et ilio-hypogastrique peuvent être lésés également, ce qui accentue les phénomènes douloureux. On retrouve parfois une irradiation des douleurs vers les adducteurs ou l’ilio-psoas (sans lésion anatomique obligatoirement). La chirurgie consiste à retendre l’orifice inguinal profond, permettant une bonne répartition des insertions pubiennes des muscles larges de l’abdomen. Une neurolyse (résection) des nerfs ilio-inguinal et/ou ilio-hypo-gastrique est parfois associée. Arrêt de sport avec changements de rythme et de direction de 2 mois en moyenne après une technique de shouldice (arrêt de travail de 10 jours si poste sans efforts soutenus).
  • la forme tendineuse, qui correspond à une tendinopathie des adducteurs (ou maladie des adducteurs, qui concerne de long adducteur) ou des grands droits de l’abdomen. Ces muscles ont en effet une continué anatomique et fonctionnelle. L’atteinte (qui peut être aiguë ou chronique) est située sur la zone d’insertion au niveau de la symphyse pubienne (os). Le repos sportif (relatif ou complet) et la rééducation représentent la base du traitement. En cas d’évolution difficile, une infiltration écho-guidée de corticoïdes peut être proposée, voire de facteurs de croissance, les PRP, surtout s’il existe une fissuration intra-tendineuse. En cas d’échec, une prise en charge chirurgicale sera proposée, type ténotomie du long adducteur (section de l’insertion tendineuse permettant d’allonger la course du muscle, l’insertion du long adducteur étant musculo-tendineuse. Arrêt de sport avec changements de rythme et de direction de 2 à 3 mois en moyenne après une technique de shouldice (arrêt de travail de 15 jours si poste sans efforts soutenus).
  • la forme douloureuse de l’ilio-psoas, avec ou sans lésion (musculaire ou tendineuse distale) type tensions musculaires. Les assouplissements de cette chaine musculaire antérieure seront indispensables, parfois associés à une infiltration écho-guidée.
  • l’ostéo-arthropathie pubienne, qui est liée à une souffrance articulaire de la symphyse pubienne. La chirurgie n’a pas sa place sans cette forme. Des infiltrations radio-guidées de corticoïdes ou de PRP seront proposées si les douleurs ne cèdent pas avec le repos sportif. 

La thérapeutique commune à toutes les formes de pubalgie : la prise en charge est globale mais également spécifique en fonction des différentes formes diagnostiquées

La rééducation et les anti-inflammatoires font partie du traitement utilisé en première intension, accompagnés d’un repos sportif complet ou d’une diminution du volume et de l’intensité des séances. Le temps de repos est différent selon les cas, entre 15 jours et 3 mois.

Le but est de lutter contre les facteurs favorisants, rééquilibrer les différentes tractions de cette région anatomique complexe et programmer une reprise de l’activité physique programmée et personnalisée avec travail sur le geste technique.  Le travail en piscine est intéressant afin de faciliter le travail d’assouplissements et de réaliser des exercices sans la contrainte de l’apesanteur. Une reprise de course précoce sera parfois effectuée sur tapis anti-gravitaire (alter-G).

Le sportif devra réaliser un travail d’autorééducation afin d’entretenir les acquis obtenus en rééducation ainsi que prendre soin de suivre les règles hygiéno-diététiques de base.

Les techniques manuelles, réalisées par des ostéopathes bien formés, font partie intégrante de l’arsenal thérapeutique. L’utilisation de shorty-straps est parfois intéressante sur certaines formes.

Certaines situations nous amèneront à réaliser une infiltration ou l’injection de facteurs de croissance (PRP).

En cas d’échec des techniques pré-citées, une chirurgie sera proposée (remise en tension de la paroi, associée ou non à une ténotomie des adducteurs). La reprise du sport sera progressive en post-op, programmée 2 à 3 mois après en général.

La rééducation fonctionnelle : selon le protocole d’Hölmich, l’objectif étant de diminuer certaines tensions musculaires et tonifier d’autres groupes musculaires.

Phase 1: en période de douleur

Massage visant à libérer les tensions éventuelles, massage transverse profond localisé, mobilisations articulaires.
Apprentissage des étirements de tous les groupes musculaires (Adducteurs, psoas, IJ, petits fessiers, droits fémoraux). Travail en milieu marin intéressant à ce stade.

A noter: le vélo est possible d’emblée en restant de préférence sur un mode endurant (la natation dans certaines conditions sans provoquer de douleur), la physiothérapie n’est pas un élément déterminant dans la prise en charge de la pubalgie.

Phase 2: après diminution significative des douleurs

Travail de renforcement musculaire indolore des muscles transverses de l’abdomen et obliques (1/3 des exercices sur les droits de l’abdomen et 2/3 sur les obliques et les transverses), depuis la course interne vers la course externe, en isométrique (gainage), en concentrique et en excentrique, à vitesse progressivement croissante. Travail de renforcement musculaire des muscles dorsaux. Travail de renforcement des muscles adducteurs en mode excentrique (manuel, sur appareils ou à l’élastique). Travail proprioceptif avec maîtrise de l’appui monopodal, en rétroversion du bassin.

La prise en charge personnelle, indispensable: cliquer ICI

Return to play: la reprise progressive des entrainements.

Un examen clinique programmé doit être réalisé toutes les semaines par le kiné, toutes les trois semaines par le médecin. Lorsque les tests de déclenchements de douleur sont négatifs, passage à la ré-athlétisation.
Les exercices de prévention doivent être poursuivis au quotidien par le sportif, tout le long de la préparation athlétique et au delà. Une évaluation isocinétique sera peut-être proposée afin de juger du bon équilibre des différentes chaines musculaires (quadriceps – ischio jambiers).

Seule la progressivité dans la remise en route permettra de limiter le risque de récidive: reprise linéaire sur un mode endurant, puis appuis progressifs, d’amplitude grandissante, à vitesse croissante avec exercices combinés selon la spécificité du sport pratiqué…

Exemples d’exercices sur l’application: http://h.theapp.mobi/adductorprotocol (pour information car le protocole de rééducation complet est mis en place par le masseur – kinésithérapeute).

Plus d’informations, télécharger l’abstract du cmts2a ou site web pubalgie.com

La préparation aux sports d’hiver

Les sports d’hiver, de surcroît en Corse, sont de plus en plus pratiqués par tous, petits et grands. Ski alpin, ski de fond, ski de randonnée, snowboard, raquettes sont autant d’activités que nous recherchons dès les premiers flocons tombés.
Que pouvons faire pour profiter pleinement de ces activités tout en évitant que le plaisir de la glisse ne se transforme en galère ?

Les trois facteurs déterminants sont la préparation physique, le matériel utilisé et les objectifs ciblés.

La préparation physique 

Pour le ski et le snowboard, même si un entrainement sur un mode endurant est toujours intéressant en amont, la priorité sera donnée au renforcement musculaire.
Celui-ci concernera surtout les quadriceps,  mais nous nous ne négligerons pas les fessiers, abdominaux, adducteurs, dorsaux et les muscles de l’épaule.
Le mode de contraction à ne surtout pas oublier, l’excentrique. Celui-ci est très important car tout au long des descentes enneigées, les quadriceps sont quasiment tout le temps en mode « freinateur ». C’est ce mode de contraction qui donne d’ailleurs ces fameuses douleurs après 2 jours de ski intense. Ces douleurs, que l’on appelle D.O.M.S. sont associées à une diminution de la force musculaire, celui peut constituer un facteur de risque pour les articulations telles que le genou.

Les randonnées en moyenne montagne hivernales (avec chaussures, raquettes et crampons) nécessitent en plus des qualités athlétiques musculaires pré-citées une préparation physique d’endurance à ne pas négliger, et celle-ci doit être réalisée au minimum 6 semaines avant l’objectif visé.

Alors nous soulignerons l’intérêt  du renforcement musculaire associé à l’entraînement endurant. Celui-ci sera réalisé sur vélo, tapis (ou course outdoor), elliptique, combiné avec la presse, l’isocinétisme et également le ski-trainer.

Vidéo de la préparation qui peut être proposée dans le centre médical:

Pour ceux qui envisagent des longues sorties type ski de randonnée, la marche en montagne a un coût énergétique moyen de l’ordre de 350 à 400 kcal/h. L’estimation de la dépense énergétique d’une journée en montagne pour une course de 8 h en ambiance tempérée peut être estimée à 4400 kcal/jour. A cela, il faudra ajouter les déperditions caloriques liées au froid et les pertes hydriques liées à la sudation, à la respiration (ventilation qui augmente en altitude). Nous comprendrons bien qu’il est nécessaire d’avoir une préparation nutritionnelle type alimentation du marathonien pour préparer les grosses sorties en montagne et d’emporter les rations alimentaires adéquates sans négliger la réserve hydrique indispensable.

Il est par contre évident que cette alimentation type « marathonien » ne concernera pas ceux qui resteront sur les pistes balisées avec un mode de pratique entrecoupé de pauses « vin chaud » et transat 🙂

Le matériel 

Mais pourquoi être au top physiquement si le matériel ne suit pas sur les pentes enneigées ? Même si l’entretien des skis est assez limité, il est nécessaire de le faire régulièrement (fartage, entretien des carres, des fixations et des chaussures). Il en est de même pour les raquettes et crampons.

Tout ceci ne doit pas faire oublier la protection contre le froid (en sachant qu’une journée hivernale est parfois très changeante), les détecteurs de victimes d’avalanche type arva et la signalisation à des proches du parcours de randonnée.

En théorie, la température moyenne s’abaisse de 0.8° par 100 mètres d’altitude. De plus, à 0° sous abri, la température avec un vent à 60 km/h est ressentie à -19°. D’où l’intérêt de s’équiper de manière cohérente en anticipant la journée à venir.

En conclusion

Les règles de base pour un séjour en montagne sont les suivantes:
L’ objectif doit être réaliste en fonction des conditions (météo, risque d’avalanche…) et des possibilités du sportif. Cela nécesste une préparation physique minimale avant le départ, un matériel adéquat et une alimentation calquée sur le modèle du marathonien pour ceux qui envisagent des activités de longue durée hors station type ski de randonnée.

Activités physiques et perte de poids

Anomalies musculaires dans l’obésité et le diabète de type 2 : intérêt de l’activité physique ciblée.

Les sujets obèses et les patients diabétiques de type 2 présentent des anomalies musculaires qui conduisent à une insulino-résistance et à des altérations du métabolisme du glucose et des oxydations (dégradation avec l’aide de l’oxygène) des lipides au repos et au cours de l’exercice.

L’activité physique régulière est actuellement reconnue comme un moyen de prévention et une thérapeutique particulièrement efficace dans l’obésité et le diabète de type 2 avec les effets attendus suivants :

-facilite la perte de poids et la perte de masse graisseuse avec participation au maintien de la perte de poids à long terme
-réduit la tension artérielle
-améliore le bilan lipidique (triglycérides et cholestérol)
-améliore la sensibilité à l’insuline, prévient l’apparition du diabète
-participation à la perte pondérale et surtout au maintien de la perte de poids à long terme
-amélioration de la composition corporelle (augmentation de la masse musculaire et diminution de ma masse graisseuse sous-cutanée et intra-viscérale)
-augmentation de la densité minérale osseuse
-évite l’apparition du diabète
-meilleure qualité de vie

Toutefois, si les bénéfices de l’activité physique régulière sont admis, sa prescription reste insuffisamment répandue et surtout trop souvent empirique car généralement pas individualisée à partir de bases physiopathologiques précises.

Dans le but d’améliorer la prescription de l’activité physique chez les sujets obèses et les patients diabétiques de type 2, il a été développé une méthode d’exploration à l’effort qui permet d’une part d’analyser les troubles de l’oxydation des glucides et lipides qui résultent des anomalies métaboliques musculaires et de définir de définir une intensité optimale de ré-entraînement.

Cette méthode consiste en la réalisation d’une épreuve d’effort à la recherche du point de croisement de l’utilisation des glucides et des lipides au cours de l’exercice (la puissance pour laquelle l’énergie est fournie à 70% par les glucides et à 30% par les lipides).

Au-delà de ce point, toute augmentation de la puissance de l’exercice accroît la dépendance vis à vis des glucides au détriment des oxydations lipidiques (qui sont prioritaires dans les objectifs que nous cherchons à atteindre).

En pratique, cette épreuve d’effort consiste à faire réaliser au patient a jeun, 5 paliers de 6 minutes sur cycloergomètre (vélo)  à des intensités correspondant à 20%, 30%, 40%, 50% et 60% de la puissance maximale théorique. Les échanges gazeux sont mesurés en cycle à cycle, au repos et durant les trois dernières minutes de chaque niveau d’exercice. A chaque niveau, les débits d’oxydation glucidique et lipidique sont déterminés.

Deux puissances d’exercice peuvent être déterminées afin de caractériser la balance glucido-lipidique à l’effort : celle correspondant au point de croisement des débits d’oxydation des glucides et des lipides (PC GL) et celle correspondant au débit maximal d’oxydation lipidique (Lipox max).

Sur les différentes études réalisées, après un ré-entraînement pendant deux mois à raison de 3 séances de 45 min par semaine, il a été démontré que ce type de prescription individualisée de l’intensité de ré-entraînement avait un effet favorable sur la composition corporelle (diminution de la masse grasse et maintien de la masse maigre) et permettait un déplacement du Lipox max et du PCGL vers des intensités plus élevées d’exercices (effet bénéfique de ce ré-entraînement sur les anomalies métaboliques musculaires).

Quel bilan préalable avant activités physiques ?

Le système cardio-pulmonaire : tension artérielle, électrocardiogramme d’effort, réalisation d’un test d’effort métabolique pour déterminer le niveau d’entraînement correspondant à l’oxydation (l’utilisation) maximale de des lipides pendant l’effort. L’appareil locomoteur, les yeux pour le diabétique (fond d’œil préalable).

Déroulement de l’épreuve d’effort métabolique:

Objectif du test proposé :

Evaluer l’aptitude aérobie, rechercher un facteur limitant éventuel (musculaire, cardiaque ou pulmonaire) et rechercher les repères pour affiner le réentraînement. En cas de symptomatologie d’effort, le test nous aidera à mieux comprendre les problèmes ressentis lors de l’exercice (essoufflement, fatigue, douleurs musculaires…).

L’épreuve d’effort en pratique :

Prévoir une tenue de sport adaptée pour l’épreuve d’effort ainsi qu’une serviette pour se sécher après l’effort.  Si un bilan cardio-vasculaire a été prescrit au préalable, pensez à l’apporter le jour de l’examen.

Pendant l’examen, une surveillance permanente est effectuée; elle concerne:

– votre électrocardiogramme
– votre pression artérielle
– votre ventilation grâce à un masque ou un embout buccal
– votre essoufflement et la fatigue de vos membres inférieurs
– votre saturation en oxygène au niveau capillaire (capteur sur un doigt) selon les cas

Le médecin peut être par ailleurs amené à réaliser une épreuve fonctionnelle respiratoire avant et après l’exercice.

Les risques liés à la réalisation d’un test d’effort :

La salle test dispose d’un matériel adapté en cas de complication; les risques sont peu fréquents (troubles du rythme cardiaque, malaise, complications articulaires ou musculaires, chute lorsque le test se déroule sur tapis) et les complications graves sont très exceptionnelles (infarctus, arrêt cardiaque, décès).

En cas de problème sérieux, nous serions alors amenés à vous hospitaliser afin de vous surveiller et de vous donner un traitement adapté.

La prescription des activités physiques ciblées en pratique :

Après réalisation du tes d’effort précédemment décrit (épreuve métabolique) qui permet de déterminer précisément les objectifs cibles.

Prévoir au minimum 3 séances de ré-entraînement par semaine, au ninimum 45 minutes par séance, à une intensité qui sera contrôlée avec l’aide d’un cardio-fréquence-mètre le plus souvent (petit appareil qui enregistre la fréquence cardiaque).

Si diabète : surveillance de la glycémie capillaire avant et après effort, se munir de sucre rapide, à prendre si hypoglycémie.

L’activité physique sera très progressive, modérée, à distance d’un repas (idéal 3h) avec échauffement et récupération indispensables, associée à  une répartition alimentaire diversifiée, équilibrée sur 3 à 4 repas. Il sera par ailleurs demandé de modifier ses habitudes (prendre un escalier, se garer à distance d’un lieu de RDV, éviter de prendre votre véhicule pour un petit trajet…).

Quelles activités physiques proposées :

Activités ciblées et contrôlées : 3 fois par semaine type marche, course à pied, vélo, elliptique

Activités complémentaires : randonnée pédestre, natation, gymnastique…

Le choix se fera en fonction des possibilités locales, physiologiques ou mécaniques.

Bases scientifiques ayant inspiré l’article : Service de Physiologie Clinique. Unité métabolique (CERAMM). CHU de Montpellier. 34295 MONTPELLIER cedex 5

Optimiser le suivi des footballeurs

En début de cette nouvelle saison 2015-2016, l’effectif professionnel a effectué, après 9 semaines d’entraînement, une évaluation de la tolérance à l’entrainement par mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque. Cet outil, qui permet de caractériser la fatigue dans une optique de gestion physiologique du joueur, a été organisé à l’initiative du staff technique et médical.Les joueurs étaient réunis dans la salle de musculation en ce mardi matin, sous l’œil attentif du Dr Gilles Testou, responsable médical à l’AC Ajaccio, Olivier Pantaloni, entraîneur, Pierre Bazin, préparateur physique et Laurent Schmitt, chercheur associé à l’Université de Lausanne.

Sans titre

Les Acéistes ont subi des tests médicaux dont le principe est le suivant: avec un cardio-fréquence-mètre adapté, on évalue l’activité du système nerveux autonome avec, au final, un profil personnalisé de chaque joueur à l’instant T.

Les objectifs de cette évaluation sont nombreux, comme l’adaptation des séances d’entraînement, la mise en place de techniques de récupération et de relaxation. Cette mesure est effectuée 2 fois par saison de manière collective sur l’ensemble du groupe, mais également de manière ponctuelle en fonction des joueurs “ciblés” (diminution des performances, sensation de fatigue…). La séance d’évaluation a été effectuée sous la responsabilité de Laurent Schmitt(*), chargé de ce suivi à l’ACA depuis 2 ans et demi.

Une approche moderne de la préparation athlétique
dans une optique de performance

«Le football a tout intérêt à se rapprocher des ces praticiens qui ont une approche globale du sportif, un recul suffisant apporté par l’expérience et par les travaux scientifiques validés. Pas uniquement en ce qui concerne la variabilité de la fréquence cardiaque mais en ce qui concerne l’approche moderne de la préparation athlétique» a expliqué le Dr Gilles Testou.

Le préparateur physique Pierre Bazin a souligné que cette évaluation permet de coller au plus près aux besoins du joueur. Le but final est de maîtriser la préparation de chaque joueur en lui proposant les meilleures solutions possibles pour le rendre performant: « l’idée c’est d’avoir l’état de forme des joueurs à l’instant T, savoir comment ils ont digéré les neuf semaines d’entraînement.

Chaque organisme a sa réponse propre à la charge de l’entraînement. Les données de cette synthèse générale vont nous permettre d’adapter la récupération et le travail athlétique. Les premiers résultats sont encourageants et nous consolident dans l’orientation du travail adoptée » a -t-il conclu.

(*) Laurent Schmitt est le responsable du département de l’optimisation de la performance et de la recherche au centre National d’entrainement de ski nordique de Premanon, Docteur en Biologie, agrégé d’EPS, chercheur associé à l’Université de Lausanne, Laurent Schmitt travaille auprès des sportifs de haut-niveau dans d’autres domaines que les sports nordiques (qui restent son activité principale avec le suivi des équipes de France de ski nordique). En effet, sa collaboration s’effectue auprès de la Fédération Française de tennis (conseiller scientifique pour la FFT), du pôle France de natation d’Antibes, des cyclistes de l’équipe AG2R, de la Fédération Française de triathlon.

Extrait de l’article de l’ACA Football (sept 2015)

Bilan HRV 150915