Les douleurs musculaires post-effort

Les DOMS

Les douleurs musculaires post-effort (D.OM.S. Delayed Onset Muscle Soreness) surviennent dans les heures qui suivent un effort intense ou inhabituel selon un mode excentrique (geste musculaire freinateur répété). Souvent débutantes 24 heures après les efforts, les DOMS peuvent durer jusqu’à 5 jours.

Ceci peut être aisément imagé par les courbatures du lendemain d’une randonnée en montagne  au niveau des quadriceps, liées aux efforts freinateurs de la descente finale ou dans les suites d’une journée de ski alpin avec les enchainements de bosses qui nécessitent ce même type de contractions.

Ce sont les micro-lésions musculaires consécutives au travail excentrique qui sont responsables de cette réaction inflammatoire des muscles concernés.

On constate alors 2 phénomènes, la douleur musculaire et la diminution de la force développée. La douleur a l’avantage d’être un signe d’alerte mais même lorsqu’elle disparaît, il persiste toujours un déficit de cette force musculaire avec une proprioception altérée. C’est pour cela que le sportif, au décours d’un DOMS, se trouve en situation de relative fragilité et il n’est pas rare dans les suites d’un renforcement inhabituel excentrique, volontaire ou non, de présenter une entorse du genou par exemple par manque de réactivité et de verrouillage de l’articulation.

Le diagnostic est essentiellement clinique avec une douleur palpatoire diffuse, un étirement difficile et une contraction plus ou moins douloureuse et déficitaire, notamment en course externe, ceci dans les différents modes de contraction. Le diagnostic est déjà réalise a 90% à l’interrogatoire, avec la notion d’effort inhabituel en excentrique (mais pas toujours seulement excentrique).

Les examens complémentaires ne sont en général pas réalises dans les cas typiques sauf si le sportif présente de nombreux antécédents musculaires rendant nécessaire la réalisation d’un diagnostic différentiel. Si ceux-ci étaient réalises, nous pourrions noter une élévation des enzymes musculaires, un œdème musculaire plus ou moins marqué en échographie et en IRM comme on peut le constater sur les illustrations ci-dessous qui concernent un footballeur professionnel ayant présente un DOMS très marqué du muscle droit fémoral dans les suites d’un travail excentrique en période préparation athlétique post-chirurgicale (rupture du tendon achilléen).

Ceci ne remet pas en cause le fait que la guérison est spontanée et ne nécessite aucun traitement particulier (aucun me marche). Une chose à retenir: le testing musculaire doit être normal (étirement et contractions indolores) avant reprise et celle-ci devra être dosée.

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La prévention: il faut traiter le mal par le mal en habituant le muscle à subir des contraintes excentriques, donc le travail excentrique est nécessaire en amont de la blessure.

Une évaluation isocinétique avec mesure de la force excentrique peut être réalisée en début de saison de sport afin de guider un éventuel renforcement a titre préventif.

Auteur : Gilles Testou

Dr Gilles TESTOU
Diplômé de la Faculté de Médecine de Marseille
Capacité d’aide médicale urgente (Nice)
Capacité de Médecine et Biologie du Sport (Marseille – Montpellier)
Diplôme universitaire de nutrition du sportif (Paris)
Diplôme inter-universitaire de physiopathologie de l’exercice (Paris – Montpellier – Strasbourg)
Diplôme inter-universitaire en échographie de l’appareil locomoteur (Paris – Nîmes)
Médecin fédéral plongée et basket-ball
Médecin de Pôles espoirs football et judo
Médecin de club de volley-ball professionnel
Médecin de club de football professionnel pendant 20 saisons