Bilans médico-sportifs

La visite de non contre-indication à la pratique du sport

Elle permet éventuellement de détecter une pathologie, en particulier cardiaque, passée jusque là inaperçue et qui pourrait mettre la vie du sportif en danger.
Des messages de prévention et d’éducation à la santé par la pratique du sport peuvent être transmis par le médecin du sport à cette occasion.

Les Modalités :
Cette visite engage la responsabilité du médecin du sport et ne peut donc être faite rapidement, en tout cas jamais à la fin d’une consultation pour un autre motif.
Une consultation de bonne qualité nécessite un créneau de temps spécifique : il
faut compter environ 20 minutes, consacrées à :
– un interrogatoire détaillé,
– des mesures anthropométriques, en particulier mesure de la masse grasse,
– un examen articulaire, ligamentaire, tendineux, podoscopique,
– un examen cardio-vasculaire et un électrocardiogramme de repos.
– une tympanométrie pour les examens de plongée des enfants
– une capacité vitale voire une courbe débit-volume
– Un bilan de dépistage visuel
Ce bilan de base sera complété le cas échéant d’examens complémentaires. Le certificat  d’aptitude à la pratique sportive ne pourra être signé par votre médecin
du sport qu’au terme de ce bilan.

Pourquoi passer chez le médecin avant de débuter la saison sportive ?
Les objectifs ciblés sont les suivants:
– Rechercher une éventuelle contre-indication qui pourrait nuire à la santé du sportif voire lui être fatale (la hantise de tout médecin du sport étant la mort subite du sportif).
– Rechercher les points faibles afin de les corriger dans la mesure du possible, par exemple, une raideur de certaines chaines musculaires, un déficit musculaire, un déficit d’endurance. Ça sera également l’occasion de corriger un trouble au niveau des appuis podoscopiques ou un trouble rachidien.
– Définir les repères pour personnaliser la préparation athlétique, aussi bien en terme de renforcement musculaire, de travail aérobie, de travail intermittent ou de travail d’appui par exemple.
– Fixer des limites éventuelles, notamment en ce qui concerne les zones de fréquence cardiaque ou les charge à développer en musculation.
– Enfin, délivrer des conseils nutritionnels, d’hygiène de vie et de prévention des conduites dopantes.

Quel bilan médical réaliser ?
Voici quelques profils de sportifs et les examens qui sont les plus pertinents:
– Jeune gymnaste ou danseuse réalisant plus de 8h d’entrainement par semaine: examen clinique soigné avec attention particulières sur le rachis (aidé des radiographies si besoin), dépistage du surentrainement, surveillance de la croissance et des apports nutritionnels.
– Jeune footballeur en centre de formation: examen clinique complet, électrocardiogramme de repos, épreuve d’effort cardio-respiratoire (VO2 max sur tapis), échographie cardiaque, podoscopie statique et dynamique, évaluation isocinétique (musculaire quadriceps – ischio-jambiers) selon le profil, détermination du poids de forme avec masse grasse par la somme des plis cutanés.
– Sportif de 40 ans pratiquant des courses en montagne: épreuve d’effort cardio-respiratoire (VO2 max) après avoir examiné cliniquement le sportif, échographie cardiaque selon les cas, recherche de pathologies articulaires latentes liées aux contraintes des entrainements, mise en place d’une stratégie nutritionnelle adaptée.
– Sportif occasionnel désirant pratiquer la plongée sous-marine scaphandre: recherche d’antécédents type asthme, maladies cardio-vasculaires, neurologiques ou ORL, examen clinique cardio pulmonaire et ORL aidé éventuellement d’une tympanométrie, électrocardiogramme de repos.
– Anciens judoka de bon niveau en surcharge pondérale qui désire pratiquer la course à pied: examen clinique, épreuve d’effort cardiologique, voire VO2 max, prise en charge nutritionnelle après bilan biologique.
– Footballeur professionnel: examen clinique complet, analyse de foulée, échographie cardiaque, VO2 max sur tapis, bilan biologique complet, évaluation isocinétique quadriceps – ischio-jambiers et autres examens en fonction du profil et des antécédents.

Comment utiliser en pratique les données recueillies lors du ce bilan médical ?
– Expliquer les bases de l’entrainement au sportif qui s’entraine sans l’aide d’un professionnel: par exemple apprendre à se servir d’un cardio-fréquence-mètre lors des séances d’entrainement avec les repères déterminés lors du test VO2 max.
– Mettre en place une collaboration étroite avec le préparateur physique, entraineur et kiné: cibler un renforcement musculaire pertinent, fonction des résultats du test musculaire par exemple.
– Rester en contact avec le staff médical afin d’affiner la préparation et prévenir les blessures ou le surentrainement

Au total, un bilan personnalisé au profil du sportif est accessible pour tous.

Exemple de programme de prévention de blessure proposé par la FIFA (prévention entorse grave du genou):